jeudi 3 mars 2016

Rapaces (éditions Impéria)

Editions Impéria



Impéria était un éditeur français de bande dessinée, de 1951 à 1986. C'est l'un des plus importants éditeurs de petit format
En 1946, Robert Bagage fonde les éditions du Siècle au 8 rue de Brest à Lyon après avoir entamé sa carrière comme dessinateur dans des revues comme Jumbo en utilisant le pseudonyme de Robba. L'époque est aux récits complets et le nouvel éditeur n'en lance pas moins de 6 : Tom X / Radar / Targa / Garry / Youpi / Captain horn.
 

En octobre 1949, ils lancent leur premier petit format : Super Boy qui fut historiquement le second après 34 de Vaillant. Vint alors le temps de ces fascicules de poche avec la création d'autres revues : Crack /Prairie/Buck John par Bob Leguay/Roico/Kit Carson par Bob Leguay

 


En 1951, les éditions du Siècle deviennent Impéria. Si Robert Bagage, Félix Molinari et quelques autres travaillent beaucoup, la majorité des bandes est importée, principalement d'Angleterre avec des westerns ou des récits de guerre car Impéria s'est immédiatement positionné comme un éditeur plus adulte.
Suivent les éditions de :  crack / Prairie / Buck John / Roico / Kit Carson/ X13 agent secret /Tagada / War / Tenax / Tex Tone / Tora les tigres volants / Z33 / Les 5 as / Attack / Bambou / Baraban / Baracuda / Battler Britton / Biches / Big Bull / Calder one / Caribou / Cassidy / Cathy / Crack / Flingo / Garry / Girafe /Jim Canada / Index / Jim Morgan / Kalar / kit Carson / Marouf / Navy / Nero kid / Ogan / Oliver / Panache / Pee Wee / Pirouett'/ Rangers / Rapaces / Roico / Sandor / Scotland Yard /Sergent Guam /  Spider agent special / Super boy /
 


Lorsque le matériel d'origine est épuisé, des dessinateurs (souvent) espagnols sont embauchés pour poursuivre les séries. Sur la fin, l'éditeur ne publie plus que des rééditions, ce qui accéléra sans doute le déclin des ventes jusqu'au n°14 de Crampons, la dernière revue encore active.

Je vous propose Rapaces n°358-303-51-65-72

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Attention: Les images proviennent des magazines Signal et Der Adler. Ceux-ci s’adressent à un public averti, en effet servant la propagande nazi, les articles parus dans Signal et Der Adler, ne sont évidemment pas le reflet de la vérité, mais ils peuvent être à la base de réflexion et de travaux sur cette période terrible.

Rapaces - 358 - Chiens de garde

Rapaces - 358
 



Article extrait du magazine "Der Adler" édition française numéro 10 du 19 mai 1942
L’aube ne fait que poindre dans la baie de la Sude quand notre commandant reçoit l'ordre de partir en mission. Un canot pneumatique occupé par deux hommes a été aperçu dans le secteur X; il doit être recherché et l'équipage sauvé. Il s'agirait de deux Tommies abattus au cours d'un combat aérien, et qui, voguant à la dérive en pleine Méditerranée dans leur fragile embarcation, luttent désespérément contre les vagues.

Nous sommes vite prêts à partir; un canot rapide nous conduit à notre brave Do 24, et bientôt le grand hydravion roule sur l'eau pour échauffer les moteurs. Il fait très brumeux, ce matin, et les contours des montagnes qui encadrent notre baie n’apparaissent qu’indistinctement à travers les nuages et le brouillard. Il s’agit donc de faire très attention, les épaves des nombreux bateaux anglais coulés ici par nos stukas et dont les mâts et superstructures s’élèvent au-dessus de l'eau ne sont pas facilement reconnaissables par ce temps. Les moteurs ont maintenant atteint leur température de départ; prudemment, nous glissons sur l’eau évitant les débris du grand croiseur britannique «York», qui, lui aussi, a trouvé ici une fin tragique. Le pilote met les pleins gaz, écumante, l’eau jaillit autour de la cabine de notre Do, qui prend de la vitesse et trace un profond sillon miroitant sur les eaux de la baie. Quelques secondes plus tard nous décollons et nous élevons rapidement pour mettre le cap sur le secteur indiqué.

Les moteurs, toujours prêts en cas d'alarme, fonctionnent déjà;
les indications relatives au temps, à la situation militaires
sont recueillie; la protection des avions de chasse a été demandée,
dans six minutes nous décollons;


Une zone de mauvais temps doit être traversée. L’averse fouette les vitres de la cabine et les rafales secouent le lourd avion. Mais notre Do poursuit tout droit sa route. Sous nous, la mer agitée roule de grosses lames. Plus au sud le ciel s'éclaircit, et enfin nous retrouvons le beau temps. A l’est, un clair soleil nous sourit. Il darde ses rayons sur les eaux de la Méditerranée, et la lumière qui se brise dans les embruns est renvoyée en milliers de reflets. C’est un tableau d'une merveilleuse beauté. Nous aurons bientôt atteint notre but. L'adjudant-chef M., observateur et commandant de la machine, calcule encore une fois la distance parcourue; la route est légèrement modifiée, car le vent de côté a changé entre-temps. Maintenant nous devons nous trouver dans le secteur prescrit. Il s’agit donc d’explorer systématiquement la mer, à présent.
Dans le carré X du plan quadrillé, il s'agit
de découvrir un canot en perdition. Tel est l'ordre
donné à la section de sauvetage maritime.
Le carré indiqué est atteint; mais il est bien difficile,
sur l'étendue immense de la mer, de découvrir
quelque chose.
 L'équipage tout entier participe aux recherches et y met toute l'attention dont il est capable. L'adjudant S., un Colonais toujours prêt à rire d’habitude, fixe constamment l’eau d'un air grave. C’est qu’il faut vraiment la plus entière concentration pour trouver un petit canot pneumatique dans l'immensité liquide et mouvante. Le mécanicien de bord lui-même, qui, de coutume, ne quitte pourtant pas volontiers de l’œil ses moteurs et ses tableaux de contrôle, s'est armé de jumelles et fouille la mer du regard. Soudain — impossible de déterminer exactement qui l'a aperçu le premier —, un point jaunâtre apparaît sur l'eau dans le lointain. A peine l'avons-nous découvert que les étoiles multicolores d'une fusée lumineuse montent dans le ciel au-dessus de lui. Ce sont certainement les Anglais, et ils ont tiré pour se faire remarquer de nous. A faible hauteur, nous survolons l’endroit et voyons deux hommes dans un petit canot jaune qui danse sur les vagues. Ils lèvent les yeux vers nous d'un air anxieux, et nous font des signes de la main.
REPÉRÉS! Le pilote a aperçu le premier
un point flottant dans les replis
de la houle.
Les voilà! 


La partie la plus difficile de la mission commence maintenant pour le pilote; l’amerrissage sur les eaux démontées. La houle est très forte et il est dangereux de se poser sur ces lames. Une petite erreur ou une imprudence pendant la manœuvre, et l'hydravion peut capoter ou être endommagé. Une dernière fois. L’adjudant S. vérifie soigneusement la direction du vent et la houle, puis il exécute un virage court avant de mettre la machine en plané. Le lourd hydravion se pose dans un grand rejaillissement d’eau et, ballotté par les vagues, se met à rouler dans la direction du canot. Le poste de mitrailleur à l’avant du fuselage est submergé par les lames qui déferlent en sens Inverse, l’écume jaillit jusqu’au-dessus de la cabine, de sorte que par moments nous n’apercevons plus de l’eau autour de nous. L’adjudant S. a calculé sa manœuvre si exactement que nous arrivons juste devant le canot pneumatique. Observateur et mécanicien de bord sortent alors de la cabine et grimpent sur le flotteur, attendant le bref instant où, marchant à faible vitesse, nous allons atteindre le canot.

Le voici déjà qui vient à notre rencontre, une vague le pousse directement sur le flotteur. Avec la rapidité de l’éclair nos deux camarades le saisissent et le hissent à bord avec les deux Anglais. Le sauvetage a réussi.
La houle secoue rudement l'hydravion; mais le Do 24 est stable
et se maintient en équilibre. Il glisse vers le canot et...

....prend l'équipage à bord. ce sont deux aviateurs anglais qui ont été
descendus en combat aérien.


A peine les rescapés ont-ils été amenés à l’intérieur de l’avion que le pilote remet les pleins gaz. Bondissant sur les vagues, le Do reprend de la vitesse, enveloppé de nouveau d’écume et d’embruns. L’eau n’est vraiment pas douce et lisse comme certains terriens pourraient l’imaginer. Notre coucou doit supporter de terribles secousses. Mais il est d’une construction robuste. Sous la main sûre du pilote, il surmonte heureusement cette seconde épreuve. Les moteurs puissants l’enlèvent, et nous reprenons la route de notre port d’attache.

Epuisés et apathiques, les Anglais sont assis à leur place. Ainsi que nous l’apprenons plus tard, ils ont erré pendant plus de vingt heures sur la mer et semblent complètement démoralisés. De leurs déclarations, il ressort que, la veille, ils ont été survolés à deux reprises par des avions allemands et qu’ils ne se sont pas fait remarquer par des signaux. On leur explique qu’en tant que prisonniers de guerre ils seront naturellement convenablement traités conformément au droit international. Ils ne l’avaient pas cru, et c’est pourquoi ils avaient tout d’abord préféré s’abandonner aux éléments plutôt que de se laisser faire prisonniers par les Allemands. Ce n’est qu’à bout de force et d’espoir qu’ils avaient saisi ta dernière chance de salut qui s’offrait à eux.
 L’équipage annonce son retour au commandant d’escadrille et déclare, bref et modeste: «Mission exécutée, canot repêché, deux Anglais sauvés.»

Rapaces - 303 - Liens sacrés

Rapaces - 303
 

Les briseurs de barreaux


Février 1944.

Récit du Flying Officer Sparks



Un petit groupe de bombardiers De Havilland « Mosquito » décolle, avec le plein de bombes, pour une mission inhabituelle: sauver des vies humaines. Objectif: la prison d'Amiens, où les Allemands détiennent une centaine de membres de la Résistance, dont beaucoup sont à la veille d'être exécutés.
Amiens - Citadelle - La prison 
Vue aérienne de la prison d'Amiens
Je volais droit vers la côte de la Manche. A 3 km au large, le temps était magnifiquement clair, et quelques minutes après nous étions au-dessus de la France. Nous suivions la côte à l'altitude zéro. Nous avons contourné Amiens par le nord avant de nous disposer en formation d'attaque. »
« Mon avion, avec celui du Wing Commander et un autre, resta en formation pour la première attaque; notre travail consistait à percer le mur d'enceinte à l'est. 
« Nous serions le sol au maximum et le moins vite possible. Nous larguâmes nos bombes à la base des murs et passâmes au-dessus; pour nous, c'était fini. Il ne s'agissait pas de rester pour voir le résultat. Nous devions dégager tout droit et laisser la place aux autres. En tournant la tête, nous vîmes la deuxième section néo-zélandaise mener son attaque et nous suivre. »

Ici, Mosquitos de No. 487 Squadron RNZAF largue à faible hauteur
près du mur sud de la prison une bombe de 500 -lb.

Le Wing Commander I.S. « Black » Smith (DFC), « patron » de la première vague, a raconté l'attaque ainsi: « Nous volions aussi bas et aussi lentement que possible, de manière à larguer nos bombes juste au pied des murailles. Malgré tout, les bombes traversèrent le mur extérieur et la cour intérieure pour exploser de l'autre côté. Je larguai les miennes à 3 m d'altitude et tirai ferme sur le manche. L'air était plein de fumée, mais de toutes les bombes lâchées par ma section une seule manqua l'objectif. »
Dès que les Néo-Zélandais eurent dégagé, le Wing Commander R. W. « Bob » Iredale (DFC) amena ses Australiens sur l'objectif pour la deuxième phase de l'opération: la destruction du corps de garde. Arrivant si bas qu'ils durent sauter le mur d'enceinte pour glisser leurs bombes dans le bâtiment, les Australiens durent traverser l'épais rideau de fumée et de débris qu'avait soulevé la première attaque des Néo­Zélandais.
Poussière et fumée pendant le raid sur la prison d'Amiens.

En décrivant des cercles autour de l'objectif, Pickard se rendit compte tout de suite que la mission était un succès: d'énormes brèches dans les murailles livraient passage à des centaines de prisonniers, minuscules silhouettes de fourmis répandues sur la neige au-dessous de lui. 
Les deux extrémités de la prison étaient complètement détruites et les murs d'enceinte étaient démolis en de nombreux endroits. On pouvait voir un grand nombre de prisonniers qui s'échappaient sur la route. 
France , le 18 Février 1944. Est montré ici la large brèche de 12 pieds
dans le côté sud de la paroi extérieure de la prison , à travers
 laquelle 258 prisonniers se sont évadés 

102 prisonniers français furent tués pendant l’opération.

La Luftwaffe réagit avec les Focke-Wulf FW 190 A7 du 7./JG 26 qui abattirent à Saint-Gratien (à 12 km au nord d'Amiens) le Mosquito du commandant de l'attaque (Wing Commander Pickard - Fl Lt Broadley tués) et un Typhoon de l'escorte. Un second Typhoon fut porté disparu, sans qu'il soit possible de préciser si c'est par l'action de l'ennemi ou à cause des conditions climatiques extrêmes régnant ce jour sur la Manche.
Peu avant le raid sur Amiens, P.C. Pickard, responsable de l'opération (à gauche),
et son navigateur, J.A. Broadley. Tous deux devaient y trouver la mort
Les corps de capitaine Percy Pickard et navigateur Flight Lieutenant John Broadley 
ont été récupérés non loin de la scène de l'attaque . Les deux hommes sont morts 
après que leur avion a été abattu par un Focke -Wulf 190; 
Certains pensent que cette opération s'inscrit dans le cadre de l'opération Fortitude, destinée à induire en erreur les services de renseignements allemands sur le débarquement allié. Cette attaque sur la prison d'Amiens aurait servi à faire croire au contre-espionnage allemand que parmi les personnes emprisonnées à Amiens se trouvaient des résistants dont les Allemands n'avaient pas soupçonné l'importance, et que ces personnes étaient dans la connaissance d'un débarquement à venir dans le Pas de Calais.

Rapaces - 051 - Force X


Rapaces - 051

Rapaces - 065 - Lache ou héros 


Rapaces - 065

Rapaces - 072 - Une erreur profitable

Rapaces - 072



Merci aux scanneurs des n° 51-65-72, ils se reconnaîtront



20 commentaires:

  1. Lulujojo, le rapace des PF de guerre.
    Merci à toi pour tes précieux scans

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    1. Je sais c'est à nouveau une Bd de guerre...mais j'aime bien...je suis un fana de l'histoire.

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    2. Oui, mais quand c'est bien présenté on ne peut qu'aimer ! encore du bon boulot mon ami !

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    3. Pas toujours évident de trouver un bon sujet et de présenter une histoire qui accroche...enfin j'espère que ça vous plait.

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    4. Rassure-toi, ça nous plait !

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    5. Gros flop, 8 téléchargements sur 2 jours. Ok j'ai compris, j'arrête les bd de guerre.

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    6. 05/03 9h55 139 downloads, ça va monter ;)

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    7. Moral à zéro, gros travail de recherche et très peu de commentaires/téléchargements. Conclusion je change mon fusil d'épaule et je fais autre chose.

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    8. Non, il ne faut absolument pas que tu abandonnes tes superbes fiches historiques!
      Les intercaler avec d'autres revues comme tu le proposes et puis on est pas obligé de faire du Marvel à tous les coups ;)
      Il faudra analyser les résultats plus finement mais au final les downloads sont bons.
      Le Western ne fait pas toujours recette aussi surtout s'il date un peu :8:
      Garde le moral, mon ami, on a encore de belles choses à faire !!

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    9. Ok tu m'as remonté le moral...n'oublie pas demain de me communiquer la tarte du jour.

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  2. Cher Lulujojo, toujours aussi prenant de lire tes fiches de guerre et dire qu'il y en a qui dégoise sur les PF.
    Vive l'Histoire avec toi!

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    1. J’étais inquiet, pas de réaction du Doc, enfin tu es là….c’était l’heure du pastis ?

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    2. Non une journée bien trop remplie par des tâches domestiques, même pas le temps de Ricarder tranquille, j'en bois jamais, mal à la tête pendant 3 jours :)
      Une bonne mousse c'est mieux ;)

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  3. Magnifique ! Et instructif. Je ne peux qu'inviter l'auteur de ces fiches à persévérer ! Non seulement ses scans de Bd guerrières sont nickels mais en plus on a droit à un petit cours d'Histoire franchement pas désagréable. Qui a dit que lire des Bd rendait crétin ? Hein ? Bon, je ne suis guère plus qu'un downloadeur fana-mili anonyme mais bon, si mon opinion et mes encouragements peuvent sortir le dénommé Lulujojo de son blues post-traumatique tant mieux !

    Sergent Gorille

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  4. Ça ce sont des encouragements. Grand merci... ça me fait plaisir que tu apprécies.

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  5. Double ration et bière à volonté !

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  6. Pas fan du tout des PF de guerre, mais la vue de la couv de Buck John me ramène dans l'enfance, un de mes premiers titres lus (vers 1980 !).
    Vive Imperia !

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  7. If you want your ex-girlfriend or ex-boyfriend to come crawling back to you on their knees (even if they're dating somebody else now) you got to watch this video
    right away...

    (VIDEO) Have your ex CRAWLING back to you...?

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