vendredi 27 mai 2016

Danger

 
Danger est une revue de bandes dessinées petit format parue chez l'éditeur Edi Europe Snec et Sepp. 63 numéros du 03/1966 au 10-1976. Récits de guerre.


Je vous propose les n° 2-7
Les n° 9-22-33 suivront dans une prochaine fiche.
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Danger - 002 - La côte 70

Danger - 002
 


Attention: Les images et textes proviennent des magazines Signal et Der Adler. Ceux-ci s’adressent à un public averti, en effet servant la propagande nazi, les articles parus dans Signal et Der Adler, ne sont évidemment pas le reflet de la vérité, mais ils peuvent être à la base de réflexion et de travaux sur cette période terrible.

Der Adler - 1944 - Heft 16
Maître dans le combat

Fallschirmjäger en arrière-garde en Italie centrale. 
Kriegsberichter (Correspondant de guerre) Eugen Gross

Pendant les mouvements de retraite en Italie centrale, des petites unités de Fallschirmtruppe ont été utilisées comme « Schnell Bewegliche Sicherungen » (unité mobile rapide) et chargées de perturber les progrès des Anglo-Américains qui en ont été fortement perturbés et handicapés. Les «Grünen Teufel» (bérets verts) ont prouvé, une fois de plus, à juste titre leur surnom. Partout, les rues - les routes - les  ponts et passerelles ont connu des attaques "Dynamitgeladene Überraschungen“, (dynamite surprise) et ils leur ont infligés de gros dégâts. Certaines phases importante « Kampfgeschehens » (action de combat) ressemblait à une mosaïque de nombreux épisodes individuels, dont notre dessinateur, comme témoin de cette guerre, a dessiné avec des traits agiles les actions héroïques. 

Un jour, après un coup de main particulièrement audacieux (dessin de gauche) deux Obergefreiten (caporaux) ont tenté de rejoindre leurs propres lignes. L’ennemi n’avait pas compté avec l'audace des parachutistes. Les deux hommes, en habile grimpeur, ont trouvé leur chemin à travers d’une haute falaise échappant ainsi à une captivité imminente. Le même jour, ils ont atteint leur propre unité et rapporté, fier de leur succès, leur aventureuse entreprise.

Lors d’un mouvement de contournement d’un lac italien par des Anglo-Américains, un petit groupe de « Fallschirmjäger » a été utilisé, avec succès, comme brise-lames (dessin ci-dessus). Sur le chemin du retour, ils ont déposé des explosifs camouflés dans les endroits les plus improbables.

À l'extrémité sud d'un village italien est apparu un blindé britannique suivi par une unité d'infanterie. Dans le même temps une contre-attaque de nos parachutistes, dans un élan très rapide, a été effectuée dans le village complètement détruit. Le char (dessin à gauche) a été mis rapidement hors de combat avec des mines et des moyens de combat efficaces.  Les vagues d'infanterie hostiles s'effondrent sous la puissance de feu d’une relative petite unité de combat allemande et paient leur petit gain de terrain avec un flot du sang


Depuis des jours, dans un terrain hostile, les deux parachutistes (le dessin à gauche) épiaient un abri bétonné qui se révélait à la base particulièrement important aux yeux de l'ennemi. Après une observation approfondie de la situation, ils élaborent un plan exact, - et alors, ils se chargent de charges explosives et mines et s’en vont avec leur lourde charge. Plus tard après qu'ils aient fait exploser en l’air l'abri bétonné, qui était probablement occupé par un officier et 40 à 50 hommes,  les Obergefreiten expliquent que cela a marché comme sur le champ d'exercice.

Les textes ont été traduits de l'allemand, n'étant pas un spécialiste de cette langue, veuillez excuser certaines interprétations.  

Danger - 07 - Johnny la chance

Danger - 007
 

Signal - 1941 09 - Italien
La grande bataille du désert

Entre le 15 et le 18 juin 1941, l’Angleterre a tenté une attaque aux abords de Sollum. Le combat s’est terminé pour elle, par la perte de 249 chars d’assaut, 10 pièces de canons et bien d’autre matériel de guerre, et par la victoire des défenseurs germano-italiens. L’agresseur s’est retiré précipitamment sur ses positions de départ.  

Extrait du journal d’un combattant allemand de Halfata

Passe de Halfaya, le 14 juin 1941

Une traînée de poussière, partie de Solium, fonce à toute vitesse vers notre hauteur. C'est un motocycliste qui en met un coup. Quelques minutes plus tard, il est chez le commandant : différents vols de reconnaissance ont, ces jours-ci, fait repérer d'importantes forces britanniques en train de se concentrer face à notre position. Il s'agit de redoubler de prudence.
A la recherche de l'ennemi. Mitrailleur en side-car
et char de reconnaissance dans le désert. 

La chaleur oppressante se relâche enfin quelque peu. Et nous voici jusqu'à un certain point débarrassés des mouches qui nous ont presque dévorés. C'est peine perdue que de vouloir engager le combat contre ces importunes. Dernièrement, rien que dans ma tente, nous en avons envoyé une centaine « ad patres », puis il a fallu y renoncer. A la fin, nous nous étions rendus à la triste évidence que, pour tout résultat, le nombre de nos ennemis n'avait fait qu'augmenter. Seule la moustiquaire est de quelque secours, et, de jour, la voilette.
Ce pays, qui se joue de vous pendant le jour, est encore plus trompeur la nuit. Sous le soleil étincelant, on vit le mirage de palmeraies engageantes; et sous le ciel nocturne, des bruits mystérieux se font entendre, laissant le champ libre à cent suppositions et à cent interprétations.

Des tentes part le bruit de respirations régulières. Les dormeurs savent que d'autres veillent sur leur sommeil. Mais prêts, nous le sommes tous.
Malgré leur supériorité numérique, les agresseurs anglais ne purent briser le mur d'acier des chars allemands, au cours de la bataille, dans le triangle Bardia-Solum-Capuzzo. Le front allemand tint ferme, et le général Rommel lança, dès le second jour de la bataille, une contre-attaque sous la vigueur de laquelle les défenseurs britanniques, éprouvant des pertes considérables, furent obligés de se retirer. 


15 juin
Mon chauffeur se précipite sous ma tente : « Mon lieutenant, ça barde ! »
Les Tommies sont là. Cette fois, je n’ai plus qu'à remettre mon journal à des temps meilleurs...
Le soir est venu. L’événement occupe tous les esprits, toutes les mains. Vite un quartier de citron dans la bouche. Chaque homme doit travailler comme quatre. L'Anglais nous serre de près. La suite à demain.

15.VI.1941 L'attaque anglaise. Après plusieurs journées de marche, les unités motorisées anglaises arrivent à leurs bases de départ. Parmi elles se trouvent les nouveaux chars de 32 tonnes, du type "Mark II" blindés jusqu'aux chenilles de plaques d'acier de 80 mm. Trois masses de manœuvre (couleur rouge) son t dirigées sur la passe de Halaya qui commande la route de Sollum, en direction de Capuzzo, vers Bardia et Sidi-Omar, sur le flanc droit du front germano-italien d'Afrique du Nord. La mission commune des trois groupes d'attaque était d'enfoncer les positions allemandes et italienne (couleur noire) et de délivrer les troupes anglaises enfermées de Tobrouk. 
16 juin
Je n'ai pas dormi de toute la nuit. Une chaleur accablante. Tommy semble avoir cerné notre position. Notre convoi de ravitaillement n'est pas arrivé aujourd'hui. Serait-il tombé dans les pattes des Britanniques ? Heureusement que nous sommes approvisionnés pour longtemps de «dragées explosives » de tous calibres. Message radio du corps d’armée : tenir coûte que coûte !
Nous en faisons le serment à notre Rommel. Même sans message, nous aurions tenu jusqu'au dernier. S'il arrivait aux Britanniques de s’emparer de cette position, — et ils ne l'ont pas encore ! Ils n'y trouveraient plus un soldat vivant.
Ce journal s'écrit désormais « à la mitraillette » !
16.VI.1941 La résistance allemande à l'attaque de Halfaya décida de l'issue de la bataille. Un bataillon d'infanterie allemande de toute son énergie défendit le défilé contre les unités motorisées et l'infanterie anglaises qui s'élançaient à l'assaut. Le détachement anglais qui, sur la route de la côte, attendait le succès de cette percée, n'arrivait pas à se frayer un chemin. Les chars britanniques des groupes du centre avançaient jusqu'à Fort-Capusso ; mais les réserves sur la route de Sollum se faisaient attendre. Après bien de pénibles détours, on les ravitaillait en essence et en munitions.
17 juin
Ce qui paraissait quasi impossible s'est réalisé : tous tant qu'ils sont. Anglais, Australiens. Hindous, Néo-Zélandais s’y sont cassé les dents. Le morceau était vraiment trop dur. Nous avons gagné la bataille I Vivement une gorgée d’eau chaude ! Vrai, cela fait du bien où cela passe ! Et maintenant, au lit, mais pour une heure seulement.
17.VI.1941 La tentative d’encerclement du général Rommel aboutit à la défaite anglaise. Une contre-attaque audacieuse des chars allemands brise les lignes anglaises entre Sidei-Omar, Fort-Capuzzo et Solum. Elle menace de couper les Anglais de leurs bases. Le général Wawell s'aperçoit à temps de la manœuvre et ordonne la retraite qui lui a coûté la majeure partie des ses chars. 
18 juin
On déblaie le champ de bataille. Jusqu'à présent, nous comptons près de 200 tanks britanniques détruits. Et ce n’est pas tout. Les morts sont enterrés dans le sable, les prisonniers conduits vers l'Ouest.
Nous avons peine à concevoir la chose. Le Tommy se rend-il compte de l’énormité de son désastre ? Et qu’en dira Londres ? Cette nuit, je vais essayer de dormir quelques heures d’affilée. Voilà trois jours que nous avons ignoré le sommeil.
J'ai l'intention de retourner demain vers le Sud, afin de visiter le « parc gardé », où reposent à jamais les tanks britanniques. Je me ferai conter les dé­tails de l'opération, et comment le gé­néral Rommel eut la manière, celle qui a suffi pour assommer le Tommy qui, du coup, ne s'en est plus relevé.
Les difficultés de ces journées ne nous avaient plus laissé le temps de nous demander ce que devenaient ceux du fort Capuzzo, de Solium et des autres postes du désert. Jour et nuit, nous étions sur pied. Maintenant seulement, nous prenons conscience que notre ré­sistance acharnée a réellement contribuée à la décision de cette lutte pro­digieuse . . .
18.VI.1941 Revenus sur lesurs positions de départ. L'attaque anglaise dans le triangle de Bardia-Sollum- Capuzzo n'avait abouti qu'à un succès temporaire des unités d'attaque, au centre; elle s'est effondrée totalement; Le corps d'Afrique allemand a gagné la bataille du désert, et à l'issue des combats il s'enfonce plus profondément encore au cœur de l'Egypte. 
19 juin
Hier soir, je me suis endormi sur mon journal. Le sommeil a fait des miracles. On est redevenu gaillard. De nouvelles munitions de réserve sont là. Bien que notre « fonds de boutique » ne fût nullement épuisé, nous avons davantage conscience de notre force et de notre supériorité à contempler cet immense tas d'approvisionnements de toute sorte.
Plusieurs camions nous amènent un ravitaillement supplémentaire de vivres. Et les derniers coups de feu avaient à peine été tirés que la poste aux armées nous honorait déjà de sa présence : des sacs remplis de lettres et, pour chacun, un exemplaire de notre journal du front : « L'Oasis ». Les hommes s'affairent autour de leurs armes, de leur attirail et de leur équipement. Tout est nettoyé, réparé: tous seront fin prêts pour le prochain engagement.

Les récits de nos camarades qui ont pris part à cette bataille sur d'autres secteurs nous donnent un tableau d’ensemble qui nous fixe sur les intentions des Britanniques et sur l'échec magistral qu'ils ont subi.
Si les précédentes attaques anglaises sur nos positions n'avaient eu, en général, que le but de nous tenir en alerte, cette fois il en était tout autrement : la dépense en hommes et en matériel, ainsi que la direction de la poussée, décelaient un caractère offensif très net.

Un des 249. la tourelle brisée par les obus, le blindage déchiqueté, voila
comment, après la victoire allemande, on a pu voir abandonné sur les champs de bataille, 
les "Mark II", chars blindés anglais de plus moderne, employés pour la première fois. 
Le 15 juin, dès les premières heures du matin, les Britanniques réussirent à progresser, grâce à des forces supérieures. L'attaque se fit dans deux directions. Au nord, il s'agissait d’attaquer simultanément et notre position dans le défilé de Halfaya et le fort Capuzzo, afin de réussir une trouée entre ces deux points tenus l'un par les troupes allemandes, l'autre par les troupes italiennes. Mais l'ennemi sem­blait avoir porté son effort principal dans la direction de Bir-Sceferzen et de Sidi-Omar, où il avait jeté plusieurs brigades blindées dans la mêlée.
Fort-Capuzzo, la position-clef de l'ouest fut, dans la bataille du 15 au 18 juin,
la place où la lutte fut la plus acharnée. 

Les déclarations des prisonniers nous renseignent sur la composition des effectifs ennemis au cours de cette offensive : sur la route côtière et le long du golfe de Solium s'avançait la 4' division hindoue, constituée par les 11ème  et 22ème  brigades blindées, le 4ème  régiment blindé et le 31ème  régiment d’artillerie. Il y avait cinq autres régiments en réserve. 
Entre la Lybie et l'Egypte
Une ceinture d'environ 1000 kilomètres de largeur, sans chemins ni routes d'aucune sorte, le désert de Libye, s'étend entre les grands centres de Libye et d'Egypte. A deux endroits seulement, autour de l'oasis de Sive-Djaraboub, et 200 kilomètres plus au nord, à Solum, sur la côte méditerranéenne, le terrain se prête à des opérations militaires de quelque importance. Les Anglais avaient fait de Solum un puissant fort; ils avaient également fortifié sa baie, qui atteint les monts granitiques du désert. Sollum avait ainsi l'importance d'un petit Gibraltar. 
Au défilé de Halfaya nous incomba la tâche de contenir et de repousser trois jours durant l'assaut de forces très supérieures. En vagues successives, le Tommy et ses mercenaires venaient se briser sans relâche contre nos positions. Jour et nuit, nos obus et les gerbes de nos mitrailleuses étaient lancés sur l'assaillant. 
Mitrailleuse lourde ,aux avant-postes.
Cela n'arrêtait qu'aux instants où nous laissions approcher cette macédoine de peuples, afin de les mieux avoir dans le champ de tir concentrique de toutes nos armes. Pendant trois jours, l'air brûlant fut traversé de soufflements, de sifflements, de bouillonnements. 
Batterie lourde en tir direct
Puis, les avions de combat allemands vrombirent de nouveau, survolant notre position, afin de décimer les rangs des Anglais. Assister aux évolutions des oiseaux gris au-dessus de nos têtes nous causait un sentiment de soulagement inexprimable : nous n'étions pas seuls. Le torse nu, et tout trempés de sueur, nos hommes demeuraient à leurs pièces.


Nos chasseurs se distinguent. Ils attaquèrent sans relâche les
appareils britanniques. Le pilote de cet avion ennemi a réussi
à atterrir malgré les graves avaries de son appareil 
Comme nous étions précisément en train de paralyser une forte poussée des Anglais, la chanson claire des moteurs retentit au ciel. C'étaient des avions de chasse allemands et italiens qui s'attaquaient à des appareils britanniques supérieurs en nombre. Le temps nous manquait pour suivre le spectacle comme nous l'aurions voulu. Seul, parfois, un panache de fumée noire annonçait la chute d'un Bristol- Blenheim ou d'un Hurricane devant nos positions, nous informait que la danse n'était pas encore terminée au-dessus de nos têtes. En une seule journée, nous comptâmes à 17 reprises la chute d'avions anglais descendus.



Battu en combat aérien, ce pilote britannique, fait prisonnier, attend,
la mort dans l'âme, le camion qui le transportera à l'arrière.
En faisant échouer la tentative de percée vers Solium, nous déjouions en même temps, comme on l'a établi depuis, la jonction projetée de cette division avec la 7ème division blindée au sud. La 4* brigade blindée anglaise poussa par Bir-el-Chregàt, Bir-Sidi-Souleyman et Gabr-Bou-Fares, en direction du fort Capuzzo, jusqu'à la frontière égyptienne. La 7ème  brigade blindée, avançant sur Sidi-Omar, se heurta à la puissante défense germano-italienne, et ne put réaliser ses desseins, qui étaient de pousser jusqu'au fort Capuz­zo et à Solium en passant par Sidi- Omar en direction sud-ouest.
Le 16 juin, les Anglais jetèrent de nouvelles forces sur l'aile opérant au sud, afin de cerner le défilé de Halfaya et de forcer ainsi la décision en leur faveur. Au moment même où le péril nous menaçait très sérieusement à Hal­faya, le général Rommel précipita les unités germano-italiennes contre les Britanniques en pleine offensive. Et ces unités rejetèrent le Tommy, l’écartèrent de sa direction de poussée et rétablirent, au soir du 16 juin, vers l'arrière, la liaison avec nous.


Le général Rommel en inspection vient soutenir ses troupes. 
La contre-attaque des troupes italo- allemandes et le fait que les Britanniques n'avaient pas réussi à s'emparer de notre défilé avaient immobilisé l’attaque ennemie. D'assaillant, l'Anglais était passé défenseur et il ne parvint même pas à se maintenir au-delà du troisième jour dans les régions nouvellement acquises. Nous enfonçâmes un coin entre les deux brigades de la 7ème division blindée. Simultanément, une forte poussée fut effectuée sur les uni­tés de la 7ème  brigade blindée anglaise, placée à l'extrémité de l'aile, entre Sidi-Omar et Bir-Sceferzen. La 4ème bri­gade blindée fut enfermée dans la zone de Capuzzo et bientôt contrainte à transformer son attaque, primitivement dirigée vers l’ouest, en une tentative désespérée pour desserrer l’étreinte germano-italienne, tentative dirigée cette fois vers l’est. En même temps, nous avions réussi, à Halfaya à convaincre la division hindoue qu’elle attaquait en pure perte nos positions Elle se retira d’ailleurs, dès le 17 juin, vers l'est d'où elle était venue.
A partir de ce moment, les pièces de défense et les tanks allemands et ita­liens, puissamment secondés par l’aviation de l'Axe, frappèrent les unités blindées anglaises à coups redoublés. La 7ème  division blindée, comprenant 4 détachements de 50 à 60 tanks chacun, put entreprendre une «retraite victorieuse » avec les 24 tanks en bon état qui lui restaient. Le 18 juin au soir, les Britanniques et leur chair à canon étaient revenus à leur point de départ du 15 juin, mais il y avait tout de même quelque chose de changé : à l'appel, étaient portés manquants plusieurs centaines d'hommes, 249 chars de combat, 74 camions, 10 pièces d'artillerie, un grand nombre de mitrailleuses de toute sorte, des fusils, des munitions, des équipements, un nombre imposant d'avions et que sais- je encore ? Toutes choses tombées en trois jours de lutte aux mains de nos alliés et dans les nôtres.


Les Tommy se rendent les uns après les autres, puis en petits groupes,
les soldats britanniques parmi lesquels on peut distinguer
un conglomérat de races les plus disparates, s'acheminent,
les bras levés, vers les camps provisoires de prisonniers, organisés
rapidement par les troupes allemandes, et seront ensuite dirigés à l'arrière.

Il ressort des déclarations faites par les prisonniers et des bavardages imprudents de la radio anglaise (dès le premier jour de bataille) que, par cette attaque de grand style, les Britanniques avaient le dessein de : 1) s'unir à leurs forces cernées à Tobruk; 2) dégager la frontière égyptienne de la pression ger­mano-italienne; 3) pousser jusqu'à Ben­ghazi, Tripoli, et de là jusqu'à Tunis et peut-être plus loin encore; 4) effacer l'impression désastreuse produite en Angleterre et dans les pays amis par les défaites successives de Yougoslavie, de Grèce et de Crète, et d'impressionner l'opinion publique américaine par les exploits britanniques dans le domaine militaire.
« Les Anglais ont su frapper au moment opportun. Et cette fois, le coup sera décisif. Les Allemands se sont montrés très nettement au-dessous de leur tâche. Il n'est pas impossible qu'après cette offensive victorieuse nous avancions jusqu'à la frontière tunisienne. A l'heure actuelle, il n'est pas un seul but en Afrique du Nord que nous ne puissions atteindre », disait la radio de Londres, le 15 juin.
« Nous nous sommes livrés à un bluff admirable. Les Allemands ont cru que Wavell avait l'intention de rééditer sa manœuvre contre les Italiens. En réalité, après avoir réussi notre tâche, qui était de forcer les Allemands à se déployer afin de leur causer de lourdes pertes, nous nous sommes retirés sur nos positions de départ. On peut voir dans cette opération la victoire de l'esprit. »
Voilà ce que déclarait la radio londonienne le 18 juin.

20 juin
Toutes choses ont repris leur cours normal. On se ressent de nouveau des effets de la chaleur, de nouveau on mène un combat sans issue contre les moustiques. Et, sur le champ de bataille, on recueille encore et toujours des trophées.
Le soleil brûlant ne les dérange pas. On ne perd pas une minute de pose
entre les nombreux combats qui sont livrés; de cours repos permet aux
soldats de s'abandonner au sommeil et de récupérer ainsi des forces nouvelles.

Les lettres que j'avais écrites il y a près de huit jours sont restées dans ma poche; je les ouvre. Et j'ajoute un post-scriptum : « Tout va bien. Ma santé est des meilleures. Je suis heureux d'avoir été de ceux qui ont infligé aux Anglais de Solium la raclée qu’ils méritaient ! »











Merci aux scanneurs du n°007. Il se reconnaîtront.

8 commentaires:

  1. On sent le passionné ! merci pour ces fiches toujours pleines d'anecdotes, un régal !

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    1. J’aurais dû être prof d’histoire. Heureux que ça te plaise.

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    2. Prépare-toi à passer l'agrég.
      Bon, demain je t'interroge sur la période mésopotamienne...

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  2. Très belle performance my dear :) ! merci Lulu !

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    1. @grand Maître A : ce n’est pas du Marvel mais tu ne trouves pas que les paras sur les dessins prennent des poses de Spiderman ou d'autres héros de BD ?

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  3. Pas de Danger, c'est toujours bien documenté.
    Merci Prof Lulu.

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  4. Bon je découvre les bd (et les fiches du lieutenant) progressivement. Ben, ça déchire grave comme disent les djeuns... des années 90 ! Merci encore !

    Fana-Mili

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