samedi 28 mai 2016

Guérilla (suite)







 

Suite de la fiche du 29/12/2015

Guerilla est une revue de bandes dessinées petit format parue chez l'éditeur Edi Europe, Snec et Sepp. 64 numéros du 07/1966 au 11/1976. Format de parution 13 x 18 cm. Principalement des histoires de guerre. Episodes trouvés : - Bataille Aérienne - Guerre - Guerre du Désert - Guerre du Pacifique - Humour - Serge Robert Brigitte - Société - Steve Roper - Western

Je vous propose les n° 8-18-23


Cliquez sur "plus d'infos"


Guérilla - 018 - Suivez-moi les vivants!


              Guérilla - 018

La Batterie de Merville (6 juin 1944)
La prise de la Batterie de Merville s’inscrit comme l’un des exploits les plus marquants du Jour J. Cette position allemande installée sur la partie orientale de l’estuaire de l’Orne est définie par le SHAEF comme l’un des objectifs prioritaires des opérations préparatoires à Neptune. 



Pièces de 100 mm de fabrication tchèque.
           
                     La batterie de Merville
         
                                                                                                                                                   
Son implantation en fait l’une des menaces les plus sérieuses pour le débarquement des troupes de Sword Beach, entre Lion sur Mer et Ouistreham. Selon les renseignements alliés et les casemates que la position abrite, le Stp de Merville serait équipé de quatre pièces de 15,5 cm dont la portée menace donc directement le flanc droit des opérations amphibies. On imagine quelles conséquences tragiques pourraient découler de son activité. La batterie de Merville doit être réduite au silence de nuit, dans les heures précédant le débarquement et par des parachutistes spécialement entrainés à ce type de coup de main. C’est le 9th Parachute Battalion du Lieutenant Colonel Terence Otway qui est chargé de cette mission pour le moins risquée.
 Embarquement le 6 juin au matin du
 9ème bataillon de parachutiste à bord d'un Dakota  

Peinture de camouflage avant l'assaut.
Préalablement au cœur de l’opération, une centaine d’Avro Lancaster auront largué sur Merville leurs projectiles. Mais, rien, strictement rien ne va se passer selon les plans élaborés en Angleterre. SCENARIO CATASTROPHE Signe du destin, le bombardement préliminaire est totalement infructueux : les projectiles tombent au loin et manquent de peu d’anéantir les éclaireurs du major Parry ! Ces derniers arrivent au sol sans leur précieux matériel, aucun balisage ne pourra être assuré. Les unités d’assaut, qui suivent dans les bimoteurs ne sont pas mieux loties : une réaction très virulente de la Flak transforme vite le ciel Normand en véritable enfer,
 Flak 38, d’un calibre de 20 mm, sa cadence est de 180/220 coups/min.
Le plus redoutable canon de la Flak allemande :
le 88mm. Abaissé, il a fait aussi de nombreux
dégât parmi les chars alliés
La plupart des pilotes perdent pied et déclenchent bien trop tôt les signaux annonçant le largage. Le bataillon se trouve rapidement expédié aux quatre coins du pays d’Auge, de nombreux hommes sont tués ou blessés dans la chute, d’autres se noient dans les marais proches de la DZ et inondés sur ordre de Rommel. La mission au demeurant si difficile devient tout bonnement impossible à réaliser. Otway s’est rarement senti aussi seul, c’est avec peine qu’il rassemble les quelques grappes d’hommes qui ont échappé à la dispersion. A peine cent cinquante, et aucun des cinq planeurs chargés de matériel n’est arrivé !
Normandie, 6 juin 1944. Des C-47 viennent de larguer les planeurs
qu'ils remorquaient, et retournent vers leur base en Angleterre. 

















Il faut décider vite, très vite maintenant. Otway et ses hommes vont aller jusqu’au bout : trop de choses se sont passées, beaucoup trop de sacrifices ont été consentis pour reculer si près du but. Merville doit tomber ! Une autre mauvaise nouvelle rend la tâche des Britanniques encore plus compliquée : un temps précieux a été perdu après le largage raté et il reste maintenant moins d’une heure et demie avant que le HMS Arethusa n’ouvre le feu sur Merville.
HMS Arethusa

Il existe donc un scenario encore bien pire dans l’esprit d’Otway que celui d’avoir échoué : être tué par des bâtiments amis ! C’est avec quelques torpilles Bangalore, des Bren Guns ou Vickers 303, une mitrailleuse lourde et l’équivalent d’une compagnie qu’il se lance vers la batterie allemande.
Torpille bangalore M1A1
Explosif : 3,85 kg de TNT

L’attaque est organisée en deux points : après avoir neutralisé les barbelés, les paras s’élancent à l’assaut en quatre groupes déterminés à réaliser l’impossible. Les cris, les grenades, les rafales de Sten provoquent la plus totale confusion dans les rangs ennemis. Favorisée par la nuit, l’attaque surprend totalement la garnison allemande, les combats sont d’une rare violence, des hommes tombent dans chaque camp à une vitesse vertigineuse. Ce qu’ignorent les paras d’Otway est la nature exacte de l’armement installé à Merville, en l’occurrence des pièces de 100 mm Lfh 14/19 (t) de fabrication tchèque. Si ces obusiers constituent une réelle menace pour l’estuaire de l’Orne, ils ne peuvent en aucun cas atteindre Sword Beach.
Des soldats britanniques à Sword Beach, le 6 juin 1944

Une à une, les pièces sont neutralisées : leur calibre réel fait-il prendre conscience aux hommes du 9ème Bataillon de l’inutilité de leur mission ? Non, car dans l’action, rares ceux qui se sont attachés à détailler l’armement qu’ils devaient réduire au silence. Ils l’ont fait, peu en importent les caractéristiques.
Unité d'infanterie britannique classique avec Bren tireur











 Il est 04 h 50 lorsque le lieutenant-colonel Otway a l’assurance que le travail est enfin terminé. Il a perdu 50 pour cent de son détachement, alors qu’il ne reste plus qu’une grosse vingtaine d’allemands vivants. L’Arethusa est informé juste à temps de la prise de la batterie de Merville, ses canons ne pouvaient contrarier le débarquement maintenant imminent. Mais peu importe, Otway et ses hommes avaient une mission à accomplir, ils l’ont accomplie. Il reste tout juste le temps de s’esquiver avant qu’un tapis de bombes ne jette une nouvelle fois l’enfer en Normandie : le 9th Parachute Battalion ne compte plus qu’une soixantaine d’hommes en état de combattre. Ce fait d’armes reste l’une des opérations de commandos les plus abouties et surtout les plus audacieuses de la seconde guerre mondiale.

Guérilla - 008 - Le chat noir

Guérilla - 008
 

Attention: Les images proviennent des magazines Signal et Der Adler. Ceux-ci s’adressent à un public averti, en effet servant la propagande nazi, les articles parus dans Signal et Der Adler, ne sont évidemment pas le reflet de la vérité, mais ils peuvent être à la base de réflexion et de travaux sur cette période terrible.

Talismans de nos aviateurs.
Le désir de marquer, extérieurement aussi, l'union particulièrement étroite qui règne entre les membres d'une même escadrille a donné naissance aux figures les plus diverses: armoiries, dessins amusants d’animaux ou d'hommes, et autres illustrations symboliques, qui sont peintes sur le fuselage des avions. Ce sont les talismans de nos aviateurs, les insignes porte-bonheur des escadrilles, avec lesquels elles s'élèvent dans les airs pour combattre et pour vaincre. Bien souvent c'est un caprice du hasard qui a déterminé le choix d'un insigne d'escadrille, comme c'est le cas, par exemple, pour le coq d'une ferme voisine qui rendait régulièrement visite au centre d'aviation et dut, un beau jour, poser comme modèle. Souvent aussi, les dessins sont une allusion malicieuse au champs d'activité qui est dévolu à la formation en tant qu'escadrille de chasse, de combat ou de reconnaissance, ou bien ils représentent des symboles. Mais quels que soient le motif choisi par l'escadrille et les idées qui l'ont poussée à ce choix, l'insigne ne manque que bien rarement de l'humour caractéristique qui est propre à nos aviateurs.


Le coq batailleur...un bon symbole.
Le peintre de l'escadrille avait déjà saisi
ses crayons et dessinait d'après son vivant modèle.
Le chat noir


Sous ce signe joyeux, le chasseur part en mission.
Son talisman est un oiseau belliqueux que la
main habille d'un camarade a peint sur son avion.
Le diable grimaçant saisit sa victime du haut
des nuages...qui ne frissonnerait à sa vue
C'est un fier insigne que porte cet avion
de bombardement lointain, qui a déjà
dispersé maint convoi britannique.

L!illustration ci-dessus montre un insigne d'escadrille,
dans lequel un autre genre de représentation
symbolique a été choisi.

Un chasseur de nuit prend l'air...et pendant
ce temps la lune fume sa pipe d'un air
satisfait. Cet insigne humoristique caractérise
une escadrille qui est mise en action la
nuit pour protéger une ville allemande.
Avoir de la chance et un cochon qui piaille...
que pourrait-ton demander de plus? Un talisman vivant,
comme celui que montre l'illustration ci-dessus, vaut
naturellement mieux qu'un simple insigne, surtout
quand il peut être transformé en un savoureux rôti. 
 Guérilla - 023 - La prise de Monteleone

Guérilla - 023
 



Bataille de Gariglianoe (Italie), mai 1944
Au printemps 1944, les Alliés opèrent un repositionnement de leurs unités en vue de leur nouvelle offensive. La VIIIe armée Britannique et le Corps Expéditionnaire français sont ainsi redéployés en secret. L’offensive alliée qui se prépare s’appuie sur les plans audacieux du général Juin, qui a réussi à imposer ses vues à l’état-major anglo-américain. Juin veut éviter toute nouvelle attaque frontale contre Cassino, dont les défenses ont été encore renforcées et d’où les troupes allemandes d’élite paraissent impossibles à déloger.
1ère Division Fallschirmjager  Monte-cassino 1944

Parachutistes allemands, Fallschirmjäger , se réfugient à côté d'un
 M4 Sherman détruit et se préparent à attaquer une autre cible

C’est au contraire par la montagne, là où l’ennemi ne s’y attend pas, qu’il faut porter l’effort principal: à travers les monts Aurunci, au sud-ouest de Cassino, considérés comme « impénétrables aux armées », selon les Allemands. Ce plan doit permettre de couper les positions arrière de l’ennemi, enveloppant ainsi toute la ligne Gustav.

Rangées de dents de dragons
dans la région de Ravenne
Tourelle enterrée de char Panther endommagé


Pour Juin, seul le CEF est capable de mener à bien cette opération, grâce à l’aptitude au combat en montagne des tirailleurs et des goumiers, ainsi que leurs Trains muletiers. Parallèlement, le plan prévoit une attaque du 2e corps polonais contre le monastère par le nord, tandis que le 13e corps britannique doit franchir le fleuve Rapido pour couper la route nationale et isoler la ville. Le 2e corps américain étant, quant à lui, chargé d’attaquer les lignes allemandes au sud des positions françaises.
L’opération de rupture de la ligne Gustav est initialement confiée à la 2e division d’infanterie marocaine (2e DIM), " le bélier du CEF " selon l’expression de Juin, qui doit s’emparer pour cette mission des monts Faito et Majo (ou Maio).
Les goumiers de Juin montant à l'assaut
 


L’offensive générale des Alliés se déclenche le soir du 11 mai 1944, à 23 h, sur l’ensemble du front italien. Une intense préparation d’artillerie de 2 000 canons précède l’attaque.
Artillerie française sur le front italien, hiver 1943-1944.

Mais dans le secteur de la 2e DIM ce bombardement n’arrose que les crêtes, sans détruire le dispositif de défense allemand (blockhaus, barbelés, mines...), qui sillonne les pentes que doivent gravir les tirailleurs marocains avant de pouvoir s’emparer des sommets.
Deux soldats du 5e régiment de tirailleurs marocains dans la montagne
dominant Filignano, un village à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Cassino. 
Pire, dans les autres secteurs d’attaque du CEF, comme celui de la 4e division marocaine de montagne (4e DMM), aucune préparation d’artillerie n’a lieu. Cet assaut va s’avérer redoutable ! Les régiments de la 2e DIM se lancent ainsi à l’attaque dans une nuit noire... et rouge du sang des tirailleurs marocains, au cours de combats souvent confus et très meurtriers. Durant cette nuit apocalyptique, le courage des soldats marocains n’a eu d’égal que la témérité de leurs officiers mais la ligne Gustav tient toujours. Juin décide la reprise de l’offensive pour la nuit suivante, après une préparation d’artillerie plus importante et mieux ciblée.
« Castelforte est arrosé de toute part par les blindés, l’artillerie pilonne, l’aviation bombarde. La progression s’effectue rapidement, la ville n’est plus qu’un tas de ruines et il n’y a que la vieille tour qui résiste et se tient droite, malgré les perforations et les explosions qu’elle subit. » 
Très tôt dans la matinée du 13 mai, c’est la ruée des tirailleurs marocains sur les positions allemandes, ravagées par le " rouleau de feu " des canons français, qui finissent par céder. La prise du mont Majo par les troupes marocaines de la 2e DIM est saluée par un drapeau français de 30 m2 hissé à son sommet (940 mètres) et visible à des kilomètres à la ronde, par les troupes du CEF comme par les Allemands.
La ligne Hitler par Charles Comfort. Peint en 1944
Les troupes canadiennes avançant entre les lignes Gustav et Hitler.
Le 17 mai 1944, Kesselring ordonne à ses troupes de laisser Cassin de côté, de crainte de se voir enveloppé par la manœuvre française. Le même jour, la route nationale est coupée par le 13e corps, et les Polonais lancent l’assaut sur le monastère, qui tombe le 18. Les Alliés ont perdu environ 115 000 hommes (tués et blessés), et les Allemands 60 000.
Fallschirmjager fait prisonnier.

L’enterrement d’un soldat dans le cimetière français de Venafro,

18 commentaires:

  1. J'aime bien les symboles sur les carlingues, dans les films on voyait aussi souvent des pin-up ou des X en fonction du nombre d'enemis abattus. Merci pour cette nouvelle fiche toujours aussi détaillée !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crois que les pin-up et les petits drapeaux représentant le nombre d’ennemis abattus était plus une mode américaine qu’allemande. Si les allemands devaient coller des drapeaux, il n’y aurait pas eu assez de place sur la carlingue : Erich Hartmann 352 victoires, Gerhard Barkhorn 301 victoires. L’américain Richard Bong 40 victoires et le Sud-africain Marmaduke St.John Pattle 51 victoires….il n’y a pas photo

      Supprimer
    2. oui mais les ricains c'était les gentils ! et Pappy Boyington c'était le plus fort :!)

      Supprimer
    3. Oui mais Pappy s’était contre les japs...plus facile à descendre que le boches...tralali tralala.

      Supprimer
  2. Merci Lucien el guerillero.
    ...
    Quand le jour s’est levé
    Les soldats sont rentrés
    Et elle l'a retrouvé
    Lui son beau guérillero
    Ses habits déchirés
    Ses yeux fatigués
    ...
    Un beau jour s’est levé
    Les fusils sont rangés
    Et elle l'a retrouvé
    Lui son beau guérillero !
    Lui son soleil son credo
    Lui son beau guérillero !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il marchait le premier
      Lui mon (son) beau guérillero !
      Doux Jésus comme un archange il était là dans la lumière
      Son regard a pris le mien et dans la foule j’étais fière (sien et dans la elle était fière)
      J’étais folle et je courais et j’appelais la terre entière (comme folle elle courait elle appelait la terre entière)
      Je riais je sanglotais tout à la fois entre ses bras (et riait et sanglotait)

      Supprimer
    2. @Altaïr avoue qu'on a de la classe...Bdphile (ça existe ça?), historien et maintenant poète. Chi va piano va sano, chi va sano va lontano.

      Supprimer
    3. C'est le top du top ; l'affiche de maître A. n'était pas mensongère.

      Supprimer
  3. Whoa…une semaine de travail et deux commentaires. Chers downloader si mes fiches vous cassent les c…. Dites-le-moi je passerai à autre chose.

    RépondreSupprimer
  4. combien de DL ? tu peux le voir ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. 18,21 et 24 pour les trois fichiers et on est le 29/04 à 16h00...on va pas battre un record.

      Supprimer
  5. Merci les guerriers ! Vos fiches ne me les brisent nullement, mon lieutenant ! Et d'ailleurs quel intérêt y aurait-il à proposer ces bd sans dire un mot du contexte ? Enfin, je dis ça...

    A propos, ce n'est sans doute pas le lieu, mais y a t-il des bd poche du même genre consacrées à la Grande guerre ? Non, je dis ça parce que c'est le centenaire de Verdun, alors...

    Merci encore !!

    Fana-Mili

    RépondreSupprimer
  6. Ah Fana-Mili un fidèle. Concernant la Grande guerre je vais voir si je trouve quelque chose.

    RépondreSupprimer
  7. Cette semaine de travail vaut des millions de "MERCI".

    RépondreSupprimer
  8. Le second aventure du numéro 8 de Guérilla, pag 36, titulée "Les morts ne revivent jamais" il est dessinée pour Antonio Guerrero Pinín (Espagne), bien sure.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci. Il est assez difficile de trouver des infos sur ces séries et sur les dessinateurs....en tout cas Viva Espagna.

      Supprimer