samedi 21 mai 2016

Warlord Espionnnage

















 

Warlord est une revue de l'éditeur Arédit/Artima dans la collection Héroic dont les 5 premiers numéros sont parus dans la collection Courage-Exploit.
49 numéros de septembre 1975 à mai 1981. Format 13 x 18 cm. 100 pages. Trois numéros spéciaux et au moins 13 recueils de 4 ou 3 numéros.
BD de guerre dont le héros principal est le Warlord de l'éditeur écossais DC Thomson.
Couvertures de Michel Gourdon et de Carlo Jacono notamment.
Warlord - 144 (eng)
Warlord - 487 (eng)




Je vous propose Warlord n°001 - 0002 - 003
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Warlord - 001 - La naissance d'un agent secret

Warlord - 001

Dusko Popov, le « vrai » James Bond

Dusko Popov (ici, de face, à Dubrovnik au début de la guerre
À 24 ans, Dusko Popov obtient son doctorat de droit à Fribourg où il devient l'ami inséparable de Johnny Jebson, bourgeois épicurien. Dandy, séducteur et bluffeur, l'étudiant libéral est mis en détention provisoire par la Gestapo. Johnny Jebsen prévient le père de Dusko pour qu'il active ses relations afin de lui faire éviter l'internement en camp de concentration. Libéré, cet épisode fait de lui un anti-nazi convaincu.

Johnny Jebsen est recruté par l'Abwehr ( service secret allemand )et propose à son ami de devenir espion pour les nazis. Dusko est recruté en août 1940 à Belgrade par l’Abwehr, le service de renseignements, de contre-espionnage et d’action des forces armées allemandes.




Le 29 avril 1944, Jebsen fut enlevé à Lisbonne et mené de nuit en France par la route. Jebsen fut d'abord amené au quartier-général de la Gestapo à Berlin, où son interrogatoire débuta. En juillet 1944, Jebsen fut transféré au camp de concentration d’Oranienburg. À son arrivée, il avait des côtes brisées mais il songeait encore à s'évader. En février 1945, des membres de la Gestapo sortirent Jebsen d'Oranienburg ; c'est la dernière fois qu'on le vit, et il passe pour avoir été assassiné peu après



Il est chargé par les Allemands de monter un réseau d’espionnage en Angleterre à travers une société d’import-export qui sert de couverture. Anti-nazi convaincu, il accepte sa mission à contrecœur, et uniquement dans le but de renseigner les Alliés sur les intentions ennemies. Rapidement recruté par le MI6, le Military Intelligence 6, le service britannique de recherche de renseignements à l’extérieur de la Grande-Bretagne, il va jouer un rôle crucial dans l’intoxication à destination de l’état-major allemand. Agent double, il est « Tricycle » pour les Anglais, et « Ivan » pour les nazis.

Un char gonflable type M4 Sherman.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'opération Fortitude
(Courage en anglais) est le nom de code collectif pour
des opérations de désinformation et de diversion menées par les Alliés
A Lisbonne, où il séjourne régulièrement, il prend contact avec ses supérieurs germaniques et leur fournit de nombreuses informations « orientées ». Il indique entre autres un ordre de bataille totalement falsifié, surestimant volontairement le nombre de divisions disponibles des forces alliées, peu de temps avant le débarquement du 6 juin 1944.

D’autre part, il divulgue des renseignements vitaux sur les bombes volantes d’Hitler, les V1 et V2, Vergeltungswaffe : « armes de représailles », ancêtres de la fusée. Il prévient même Edgar Hoover en personne, dans son bureau à New-York, de l’imminence d’une attaque japonaise sur Pearl Harbor… mais le patron du FBI ne le croit pas.

Edgar Hoover  - Directeur du FBI
Attaque japonaise de Pearl Harbor 07.12.1941

Les responsables de l Abwehr lui ont confié une mission « de la plus haute priorité » pour le compte des services secrets japonais. Ils lui ont remis un questionnaire relatif aux installations militaires américaines. En le lisant, le 16 août 1941, J.C. Masterman, chef du comité Double Cross britannique chargé de manipuler les agents doubles, réalise qu’un tiers des questions portent sur les bases militaires de Hawaii, surtout celle de Pearl Harbor. Masterman en déduit qu’en cas d’attaque japonaise sur les États-Unis, la première vague frappera Pearl Harbor.
Dans ses mémoires. Dusko Popov raconte que, quelques semaines après être arrivé aux États-Unis, il est convoqué chez son agent traitant, Percy Foxworth. J. Edgar Hoover l’attend, assis sur un coin de bureau :
Avec l’argent de l’Abwehr, il s’installe dans un superbe
penthouse à l’angle de Park Avenue et de la 66 Rue,
dans un des quartiers les plus élégants de Manhattan.
Il renoue avec une ancienne maîtresse, l’actrice Simone Simon,
qui triomphe dans La Féline, de Jacques Tourneur.
« Assieds-toi, Popov, lui dit-il d’un air méprisant. Je dirige l’organisation la plus
Intègre au monde, et toi, tu débarques de nulle part. Six semaines plus tard, te voici Installé dans un penthouse qui donne sur Park Avenue, tu cavales derrière des stars de cinéma, tu violes les lois, tu essaies de corrompre mes agents. Je te préviens : ça ne marchera pas, avec moi !
Mon boulot n’est pas fait pour les enfants de chœur, réplique calmement Popov ; mais si j’ai causé des problèmes, je m’en excuse. »
Hoover se tourne vers Percy Foxworth et lâche :
« Il peut partir, maintenant. »

Dusko Popov se cale dans son fauteuil et allume une cigarette, puis déclare :
« Je ne suis pas venu aux États-Unis pour violer des lois, mais pour participer à votre effort de guerre en vous indiquant où votre pays va être attaqué. »
Faisant allusion à la miniaturisation des messages, Popov ajoute :
« Je vous ai apporté sur un plateau d’argent la dernière arme, et la plus dangereuse, des services de renseignement allemands. Cela fait des années que vos agents ne sont pas parvenus à la trouver. Je suis ici pour organiser un réseau d’agents ennemis opérant sous votre contrôle et à vos ordres.
- Je n’ai besoin de l’aide de personne pour arrêter les espions ! aboie Hoover. Vous autres, agents doubles, vous êtes toujours en train de mendier des informations pour les revendre à prix d'or aux Allemands et continuer à mener une existence de play-boys ! »
Hoover le puritain envisage de poursuivre l’agent double s’il ne renonce pas à sa vie de débauche : un séjour de l’agent double en Floride avec une de ses conquêtes féminines le place sous le coup du Mann Act censé réprimer la prostitution d’un Etat à l’autre, mais qui permet au FBI d’arrêter toute personne franchissant les frontières d’un État afin de se livrer à un rapport sexuel.
Se tournant vers Percy Foxworth, Hoover dit :
« Je crois que cet homme essaie de m’apprendre mon métier... »
Dusko Popov se lève et s’en va en lançant :
« Je crois que personne ne pourra jamais rien vous apprendre ! »

Ce micropoint pouvait être inséré dans une lettre anodine, parfois sous un timbre, etc.
On retrouve cette technique dans SOS Météores d'Edgar P. Jacobs, pp.
Aussi, il communique avec l’Abwehr par radio, encre sympathique, liquide utilisé pour rédiger des messages qui n’apparaît qu’en raison de l’action d’un révélateur thermique ou chimique. Les Allemands devaient ensuite fournir à Popov une autre encre secrète : un produit chimique « à dissoudre dans une cuillère à soupe contenant de l’alcool à 75° comme par exemple du gin blanc ». Il disposait également de « têtes d’allumettes à écriture invisible », cousues dans les épaulettes d’un de ses manteaux. Enfin, les Allemands l’initièrent – à la grande joie des Alliés – au micropoint, une innovation ultra-secrète dans le domaine des communications clandestines. Vu au microscope, un petit point dans une lettre apparemment inoffensive laissait apparaître un document secret d’une page entière.

En outre, lors de l’opération « Midas », l’agent yougoslave arrive à soutirer à l’Abwehr l’équivalent de 2 millions de dollars actuels pour financer son soit disant réseau d’espions en Grande-Bretagne, en réalité fictif. L’argent part directement dans les caisses du MI6.
Après la guerre, il se marie et s'installe dans le sud de la France. Il divorce en 1961 et se remarie un an plus tard avec une étudiante suédoise de 19 ans, avec qui il a trois garçons. En 1974, il publie ses mémoires Tricycle, traduits en Spy/counterspy aux États-Unis où le FBI fait interdire sa publication pendant plusieurs années pour protéger la réputation de son ancien chef J. Edgar Hoover, car celui-ci n'a pas pris en compte les avertissements de Duško Popov concernant Pearl Harbor, avertissements qui se sont révélés fondés.
Dr No' - Sean Connery - 1962 avec Ian Flemming
Il inspirera, avec quelques autres agents de sa trempe, le célèbre personnage de James Bond inventé par Ian Fleming, lui-même ancien membre des services secrets britanniques… et un temps en charge de surveiller Popov ! Il est le seul homme au monde à obtenir des allemands la prestigieuse Croix de Fer et des mains de sa majesté la reine d’Angleterre la SILVER Cross.

Warlord - 002 - La forteresse dans la neige

Warlord - 002


Warlord - 003- Vaines poursuites

Warlord - 003


12 commentaires:

  1. By Jove! What a splendid presentation, my dear Prof L.
    Best regards!

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    1. By Jove...n'est ce pas une exclamation de Blake & Mortimer?

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  2. Superbe documentation, Lord Lulu.
    Merci pour ces beaux morceaux choisis.

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    1. Je me suis rattrapé ici pour la doc "because" je ne m'étais pas foulé pour Vigor.

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    2. Mais non, mais non, juste un coup de mou...
      Que cela ne se reproduise plus, n'est-ce pas?
      :63:

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  3. Vous avez vu la fiancée de mon James Bond...Simone Simon...elle est splendide. Je comprends qu'il se sentait bien dans la peau d'un agent secret.

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    1. Et en plus il est vrai ton Jean Bond(inoff) parce que Dusko Popov ça fait plus Vodka 1er prix :)
      Superbe histoire que tu nous contes là

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  4. Grand merci pour et la fiche de présentation et ces trois numéros.

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  5. Ce récit m'évoque On n'a pas toujours du Caviar de Simmel - le héros est agent-double et dupe l'abwher et le film Triple Cross.

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  6. Je connais le film avec l'histoire d'Eddie Chapman cambrioleur au service du MI6, je ne me souvenais pas que la sublime Romy Schneider jouait un rôle dans ce film...mais le bouquin...pas lu.

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    1. Le roman est excellent ! Merci de me le rappeler :)
      A voir aussi "L'affaire Cicéron" (1952) avec James Mason
      Aussi de Len Deighton (un autre de mes auteurs favoris) son roman :
      "Neige sous l'eau" Le Livre de poche no 3566, 1973

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