mardi 13 septembre 2016

Frontline























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Anthologie de récits de guerre écrits par Harvey Kurtzman et illustrés par des artistes aussi prestigieux que Jack Davis, Wallace Wood, John Severin, Bill Eider ou Harvey Kurtzman lui-même, Frontline Combat a vu son premier numéro publié en juillet 1951, sous le label de l'éditeur indépendant américain Max Gaines : EC Comics. Quinze numéros seront publiés jusqu'au mois de janvier 1954.
Lien: Frontline - T001

Le tome 1 regroupe les numéros de 1 à 8 de la revue Frontline Combat parus entre 1952 et 1954.
 

Les marines battent en retraite !
Dès la première histoire de cette anthologie, le ton est donné. Ici, point de héros invincibles, pas de surhommes invulnérables, et les recrues sont plus souvent couvertes de boue que de gloire. Mais c’est bien de récits de soldats dont il est question dans ce volume reprenant les huit premiers numéros – sur quinze publications - de Frontline Combat, parus chez EC entre 1951 et 1953 sous la houlette de Harvey Kurtzman. Scénariste des trente-deux nouvelles composant ce recueil, il en a également mis quatre en images, confiant les pinceaux pour le reste à des artistes aussi talentueux que John Severin, Jack Davis ou Wallace Wood. La majeure partie de la revue était consacrée à la guerre de Corée - qui battait alors son plein - ainsi qu’au récent second conflit mondial, quelques récits prenant cependant place en 14-18, pendant la guerre de sécession, voire plus avant dans l’Histoire.

Lien: Frontline - T002


 

Le tome 2 regroupe les numéros de 9 à 15 de la revue Frontline Combat parus entre 1952 et 1954.

Ce qui frappe d’emblée à la lecture de ces aventures, c’est leur caractère éminemment humain : seul l’homme derrière le soldat est ici considéré, les contextes sociopolitiques des conflits ne sont jamais abordés, pas de patriotisme militant, pas de juste cause à défendre. L’ennemi est également dépeint comme un simple combattant, ni plus ni moins brave que le G.I., certains récits étant d’ailleurs vus du côté des adversaires. Il en ressort surtout une impression d’individus soumis à des forces les dépassant, et s’acquittant de leur devoir un peu comme ils le peuvent, les combats faisant ressortir de manière exacerbée le tempérament de chacun. Deux exceptions notables dans ce catalogue désabusé de l’humaine condition face à l’absurdité guerrière : une célébration de l’American way of life, comme ultime rempart face à la multitude sino-communiste ; et une description hallucinée des exactions nazies, conçue pour frapper le lectorat, et y parvenant encore sans peine soixante ans après sa conception. Frappante également, l’absence totale de Noirs-américains parmi les protagonistes : bien qu’antérieures à la censure du Comic Authority Code, pas un seul soldat noir n’apparait au fil de ces deux cent trente pages. La marque d’une époque.


Un Marine avec un trou dans son bras, touché par un fragment de mortier pendant la bataille près de Panmunjom. Il pose une question universelle " c'est grave à quel point Doc? "
DES MARINES FATIGUES avec des carabines automatiques et portant un gilet
 pare-balles reviennent d'une patrouille de nuit près de Panmunjom. Ils ont de la
peinture sur le visage car la peau blanche forme une belle cible la nuit.
Pfc Lang raconte comment
leur avant-poste était encerclé.
FATIGUE, ENNUI.
LIFE photographe Michael Rougier, qui a pris la plupart de ces photos, et le correspondant John Dille ont visité la semaine
DES SOLDATS NON-CONCERNÉS assis près d'un mur et lisant des journaux
du pays, spécialement des publicités qu'ils ne peuvent acheter ou utiliser, tandis
qu'à quelques pas fonctionne un générateur de fumé, une belle cible pour
 l'artillerie rouge.
dernière la Corée après que des combats y ont éclaté. Ils ont trouvé ces scènes poignantes de fatigue, de douleur, d'indifférence et d'ennui. Mais ils y ont trouvé surtout le genre d'héroïsme décrit ci-dessus par Dille.
Parfois, le long du front il y des combattants qui se nourrissent du danger. Plus souvent le héros est juste un enfant tranquille qui prévoit de rester en vie. Pfc (Private first class) Albert Lang, Marine aux yeux doux de 23 ans, originaire de  « North Hollywood » veut devenir décorateur d'intérieur. Tout seul il a appris comment faire fonctionner
DANS UN HÔPITAL DE PREMIÈRE LIGNE, le blessé grave reçoit du sang,
de l’oxygène et un bandage de plâtre. Plus tard, il fera un voyage de retour
aux States en avion pour Noël . 
la radio du peloton et cela a payé lorsque les « Reds » (chinois), que les G.I ont appelé "Gooks" et maintenant "Goonies", ont coupé de leur base, pendant deux jours et deux nuits, le peloton dans un avant-poste appelé "Frisco ». '' Tout était OK, " a dit Lang plus tard, '' jusqu'à ce qu'ils ont commencé à nous arroser de toute part''. Ils avaient du fameux matériel: mortiers et artillerie. Nous avons dû appeler du renfort car nous n’avions qu’environ un tiers des hommes avec nous.

DANS UN  PX MOBILE, qui fait le tour des premières lignes avec des
échantillons qui seront commandés à Tokio.  
Mais quand notre peloton de secours est arrivé, les "Goonies", nous ont envahis. Ils doivent avoir tué 40 de leurs propres hommes sous le feu de leur barrage d’artillerie. Nous avons essayé de partir quand notre sergent a dit qu'ils étaient justes à l'extérieur de nos tranchées.

DOULEUR ET HÉROÏSME

Le lieutenant sortit pour vérifier et il fut touché par une grenade. Nous n’avions aucune arme sur la gauche de notre position, tout avait été démantelé par l'artillerie rouge. Le sergent a dit que nous les combattrons avec nos poings. Lui et quelques autres gars sont allés à l'extérieur et ont obtenu des fusils et des grenades. J’ai transmis par radio notre position à l'artillerie, car il y avait deux à trois cents "Goonies", qui couraient en criant et en riant autour de nous ".

Il trace les mouvements de
l'ennemi. 
DE PASSAGE A SEOUL, trois soldats avec le problème: nulle part où
aller et rien à faire. Il n'y a pas de cinéma ni de magasin, ils restent
simplement debout au coin d'une rue.  

TROP JEUNE POUR VOTER.
Le caporal Jim Duffy est responsable
de la patrouille. 
L'artillerie calma les attaquants, mais ils ont continué à avancer. Quand les Chinois ont découvert les hommes dans le bunker de Lang, ils ont ouvert le feu avec des « burp guns » (officiellement mitraillette PPSh-41. C’est une méchante arme qui fait un méchant son lors du tir : BRRAP-PAP-PAP-PAP-PAP-PAP-PAP-PAP-PAP) et avec des grenades. Ils ont été arrêtés par des sacs de sable mais une explosion a soufflé bas les sacs. Lang a ensuite demandé par radio un barrage d’artillerie pour couvrir le feu des mitrailleuses de première ligne. Dans le bunker des blessés criaient pour avoir de l'eau. Il n'y en avait pas, mais il y avait une caisse de bière et, selon Lang, "nous avons bu ce que nous pensions être notre dernière bière. Nous ne pouvions pas imaginer voir les « Goonies » nous tuer et boire également notre bière."
Lorsque la dernière des trois équipes de secours est  finalement arrivée auprès des hommes assiégés, il n’y restait plus que 12 combattants en état de se battre. Quelque 30 autres, dans les bunkers et les sentiers environnants, ont été ramenés et sauvés. Le commandant de bataillon a crédité Lang du sauvetage d’environ 40 hommes en appelant pour « l'aide approprié au bon endroit ».
ECRAN DE FUMÉE devant White Horse Hill engendré par des générateurs, aveugle les observateurs d'artillerie chinois qui pourraient sinon préciser leurs cibles le long de la route qui sert de route de ravitaillement pour la 9ème division ROK. L'artillerie chinoise devient de plus en plus présente dans la bataille.     

BLESSE A L'ESTOMAC, un fantassin attend son tour pour être soigné par les médecins. Il ne veut pas être retiré des premières lignes mais, aussitôt que sa blessure sera guérie et qu'il puisse porter une arme, il  veut retourner le plus rapidement possible au combat.  
INÉBRANLABLE ROK's ET UNE BATAILLE ARDENTE.


LA CARTE montre la route Seoul, objectif  que s'est fixé les ROK's avec
l'aide des américains; 
Les clairons, qui accompagnent toujours une nouvelle attaque chinoise, ont sonné puissamment le long de la route de « Chorwon » à 50 miles au sud de Séoul. Les « Reds » se sont installés derrière les deux masses de collines « White Horse » et « Iron Horse » qui se dressent à cheval sur la route, (voir la carte).
Sur ces collines l’U.N Général Van Fleet possède la 9ème division ROK (République de Corée). Concernant les victimes, les Sud-Coréens ont été des partenaires à part entière dans la guerre. Leurs pertes ont totalisé 149.600 (37.000 morts), tandis que l'US a perdu 121.150 (21.200 décès). Plusieurs fois auparavant, les attaques rouges avaient brisé les divisions ROK et débordé les troupes américaines. Mais Van Fleet avait toujours confiance en ces ROK’s. Pendant 18 mois, six jours semaine en cours de formation de 10 heures ils ont été pris en main par les instructeurs américains.
Les Chinois avaient également fait des restructurations de leurs troupes depuis les débuts de pourparlers de trêve. Leurs divisions étaient fraîches et ils avaient un effectif complet d'artillerie, de mortiers et de batteries et même de roquettes. Tout l'été, ils avaient sondé les avant-postes U.N., à « Bunker Hill », « Old Baldy » et près de « Heartbreak Ridge ». Quand ils se sont déplacés, dans la nuit du 6 octobre, ils ont débuté par sonder les lignes alliées. Prêt maintenant à briser la ligne U.N., ils étaient dans des positions à partir desquelles une telle offensive pourrait être lancée.
Dans les premières 24 heures de la lutte pour « White Horse Hill » les Reds ont tiré jour et nuit, 93.000 obus dans un tir de barrage. Ils ont suivi avec l'infanterie, 20.000 hommes avec des grenades et des « burp guns ». En une semaine de combats, la plus sauvage que toute la guerre a connue, les Chinois ont pris 10 fois « White Horse » et 10 fois les ROKS sont revenus. Un jour, quand le sommet de la colline avait disparu sous les rafales de l'artillerie rouge, le commandant de la 9ème  ROK pensait que la bataille était perdue, mais sur la colline un lieutenant ROK transmettait par radio, "Nous sommes toujours là. ..... Envoyez-nous plus de munitions et nous allons rester "Van Fleet a fait l'éloge de la République de Corée" c’est le meilleur job que je n’ai jamais vu".  Le Vice-Président Fiery Syngman Rhee est si fier du 9ème ROK’s qu'il a personnellement transmis des coupures de presse des journaux américains aux commandants. Il veut leur montrer que l'ensemble des Nations Unies est fier d'eux et il va au-delà de la suggestion d'Eisenhower que l’armée de la République de Corée est prête à remplacer les soldats américains lorsqu’ils seront formés. Rhee veut que ses divisions prennent en charge l’ensemble de la défense de la Corée.

Les Américains ont relevé la division ROK avec la 7ème division et ont frappé les Chinois sur « Triangle Hill » à environ 20 miles à l'est de « While Horse ». Ils devaient attaquer sous le pic dominant de « Papa San » d’où les observateurs d'artillerie rouges pouvaient observer la bataille. Les premières attaques américaines ont été repoussées. "L'artillerie nous a eu" a dit un fantassin. La 7ème remonta la colline, a pris les « Twin Peaks » qu'ils avaient nommé Jane Russell et après six jours ils ont pris « Triangle Hill ». La semaine dernière, les pertes rouges ont été estimées à plus de 20.000, mais les avions ont aperçu des renforts rouges et dans nos lignes les hommes fatigués savent que la bataille pour les collines n'est pas encore terminée.

Merci aux  scanneurs/retoucheurs/traducteurs/éditeurs pour ces BD.
Bonne Lecture


12 commentaires:

  1. Le champion de la Ligne de Front c'est toi Prof Lulu!
    Un énorme merci pour ces 2 tomes en Français que je n'avais pas !!

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  2. Ah enfin...je peux te faire plaisir...toi qui possède une bibliothèque numérisée colossale (prononce colossale en boche...c'est plus impressionnant). Très chouette BD qui raconte des histoires de différente époques.

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    1. Kolossal!
      En effet, mon ami, j'ai commencé le tome 1 un pur régal ;)

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    2. Heureusement que tu es là Doc, sinon ce blog tournerait rapidement au monologue: bonjour lulu...bonjour lulu, belle fiche lulu...merci lulu, toujours content de dialoguer avec toi lulu...moi de même lulu.

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    3. Je sens le coup de mou ! Allons Aspirant Jojo ! On ne baisse pas les bras ! Restons motivés, et n'oublions pas, comme le disait le grand ufologue Fox Mulder "nous ne sommes pas seuls" mais ils son bien cachés ( ça c'est de moi !)

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    4. J'ai fini le tome 1, il y en a qui perde beaucoup à ne pas le télécharger (suivez mon regard...) et j'ai entamé le second ;)
      La série US a 15 n°, une doc en allemand qui donne le détail de chaque n°:
      http://jheberg.net/captcha/ldc-1-front-7p10p1p-frontline-combat/
      For your eyes only, dear Lulu !

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    5. Tu es le champion pour dénicher des infos. Merci mon gentil Doc.

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    6. Vraiment splendide cette série à contre courant du super héros fréquemment décrit dans les Bd d'époque. Je conseille.

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  3. A (re)voir le film "Les ponts de Toko-Ri" (1955)
    http://www.dailymotion.com/video/x2jz44m
    :8:

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    1. William Holden, Grace Kelly, Michey Rooney dans un bon vieux film de guerre...super. Pour les amateurs le lien du film sur 1fichier:
      http://dtgk6f2lpa.1fichier.com/

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  4. Je m'absente quelques semaines et c'est la... guerre des pures merveilles ! Les bds (of course !) mais également les documents (saisissants, réellement !). Alors merci à tous et, naturellement, à cet émule du sergent Gorille, le warrant officer Lulujojo ! Un merci franc et massif !

    Fana-Mili

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    1. Ah mon plus grand fan est de retour...je suis tout heureux que tu apprécies...merci pour ton enthousiasme.

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