dimanche 25 septembre 2016

Le Chevalier Blanc













 


UNE MÊME PASSION POUR L'HISTOIRE, LE DESSIN ET L'HUMOUR

Liliane et Fred Funcken: l'hydre de l'histoire


Quel que soit le point de vue duquel on considère leur vie, et leur œuvre, on trouve toujours, indistinctement, les trois mêmes constantes: les époux Funcken, Liliane et Fred, n’ont cessé d’exprimer dans les moindres détails de leurs créations leur passion commune pour l’histoire, le dessin et l’humour.

L’histoire, ils l’ont explorée à travers les siècles des siècles, sous toutes les latitudes, dans la réalité de toutes les civilisations. Le dessin a été leur moyen d’expression privilégié: leur «journal à quatre mains». L’humour, leur compagnon de tous les instants, et qui leur aura permis de restituer par le dessin, de l’histoire, toute la présence de son passé.




 

Fred Funcken signa seul l’unique histoire humoristique qui sortit de son crayon, Le trône de Gilgit, et dont la première planche parut dans le numéro 37 de 1952 du journal Tintin. Cette histoire, dont une couverture de l’hebdomadaire rappelle la publication, a été réalisée sur un scénario de Liliane Funcken, dont la signature n’apparaissait pas car elle travaillait à l’époque pour la revue concurrente Spirou.



Tout a donc commencé en 1952, au journal Tintin, alors que Fred Funcken dessinait les aventures des scouts Luc et Laplume et de leur ami Hadji dans Le trône de Gilgit sur un scénario de Liliane Funcken, qui ne pouvait signer à l’époque dans Tintin, étant elle-même scénariste des histoires de l’Oncle Paul pour l’hebdomadaire concurrent Spirou.
Un beau jour de cette même année, Raymond Macherot vient présenter un synopsis de quelques pages intitulé Le Chevalier Blanc et accompagné du commentaire suivant : « Genre : dessin réaliste». Aussitôt, cette proposition provoque une réaction unanime de la part du Conseil de rédaction du temps, composé d’Hergé et d’Evany, et de l’éditeur, Raymond Leblanc. Il est décrété que Raymond Macherot ne peut, sérieusement, envisager de dessiner des histoires réalistes, et que Fred Funcken, par contre, n’est nullement fait pour le dessin humoristique, alors qu’il a fait ses preuves dans le réalisme avec les quelques histoires vraies qui sont déjà sorties de son crayon.


Liliane et Fred Funcken ont réalisé ensemble des centaines de planches d'histoires authentiques pour le journal Tintin. Un de leurs premiers récits fut consacré à la bataille de Waterloo.  
Résultat des courses : Fred Funcken empoche le synopsis du Chevalier Blanc en dédommageant Raymond Macherot pour sa peine. Et chacun sait aujourd’hui ce que donna cet «échange historique» de bons procédés: pour le père de Chlorophylle et de Clifton, un univers poétique inégalé ; pour Liliane et Fred Funcken, une exploration extraordinaire et sans équivalent dans toutes les époques de l’histoire, et une oeuvre documentaire magistrale et reconnue dans le monde entier.
Où Liliane sort de l’ombre...
En ce temps-là, Liliane Funcken écrivait toujours pour l’hebdomadaire Spirou. Et les dessins de Fred étaient déjà régulièrement publiés dans Tintin. Vint l’occasion qui les mit tous les deux en concurrence directe.

Les différents épisodes du Chevalier Blanc constituent
la série de fiction la plus populaire de Liliane et Fred
Funcken. Aujourd'hui encore, de très nombreux nostalgiques
profitent des séances de dédicaces pour adresser aux
auteurs leurs regrets de ne plus en découvrir de nouvelles
aventures.

Ci-dessus la bande annonce du journal Tintin annonçant
les dernières aventures du Chevalier Blanc, L'ombre du glaive.





Liliane avait signé dans Spirou une remarquable histoire de l’Oncle Paul sur un sujet illustré la même semaine par Fred pour Tintin sur un tiers scénario. Raymond Leblanc, qui avait pris connaissance, dans Spirou puis dans Tintin, à la fois de l’excellent scénario de Liliane et des superbes dessins de Fred, s’indigna de ce que leurs talents respectifs ne fussent pas déjà réunis au service de son hebdomadaire. Il décida dès lors d’accueillir officiellement dans son équipe la scénariste virtuose qui, en quelque sorte, faisait jusqu’alors des infidélités à son mari en travaillant pour la maison d’en face.
Mariés devant Dieu et devant les hommes, Liliane et Fred Funcken l’étaient dorénavant également devant leur éditeur...


Le Diable Noir - Jack Diamond
L'île de la brume - Harald

Liliane Funcken put ainsi sortir de l’ombre où elle avait été contrainte de travailler jusqu’alors lorsqu’elle écrivait pour Fred — pour Le trône de Gilgit et le premier Chevalier Blanc — et associer son prénom à celui de son mari. Ils allaient constituer le couple le plus célèbre et produire ensemble une œuvre incomparable et extrêmement abondante : pour le journal Tintin, des centaines de pages d’histoires authentiques, les séries Chevalier Blanc, Harald le Viking, Capitan, Doc Silver, Lieutenant Burton, Jack Diamond, une Histoire du Monde illustrée à partir d’un texte de l’abbé Schoonjans et La plus grande histoire du Monde, une fresque ininterrompue de cinquante- deux planches, et, pour les Editions Casterman, une encyclopédie illustrée en dix-sept volumes des costumes et des armes de tous les pays et de toutes les époques.
 

Pour certains, Liliane et Fred Funcken, c'est essentiellement "L'encyclopédie des uniformes et des armes". Mais le couple de dessinateurs n'aurait atteint une telle puissance d'évocation sans les patientes recherches  et la virtuosité qu'exige la réalisation de bandes dessinées historiques.

Je vous propose l'intégrale des tomes 1 à 5 repris dans la collection "Les Meilleures Histoires du Journal de Tintin".

Lien: Le Chevalier Blanc
 

6 commentaires:

  1. Bon, c'est dimanche, il a fait beau, je comprends, mais dés demain je veux du commentaire sur cette belle fiche ! tiens cadeau :
    https://www.youtube.com/watch?v=cfU_D1btz-U

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  2. Merci !! A propos du journal Tintin, il faut lire l'excellent hors-série que lui a consacré Paris Match pour les 70 ans de sa création. Tout y est ! Blake et Mortimer, Alix, Dan Cooper, Chlorophylle, Modeste et Pompon, Ric Hochet, Michel Vaillant, Oumpah-Pah, Comanche, Thorgal, etc. etc. De la bien belle ouvrage magnifiquement documentée !

    Merci pour ce classique !

    Fana-Mili

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  3. Excellent, merci beaucoup !
    Rey

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