jeudi 1 septembre 2016

Peter Pank


Peter Pank, c’est un peu Tintin chez les Sex Pistols : une belle ligne claire au service d’un propos punk et bien trash. Ici, les enfants perdus sont des racailles défoncées à la colle, les sirènes de dangereuses nymphomanes, et les pirates des rockers arborant une banane digne d’Elvis. Klochette porte des résilles trouées et une belle tignasse décolorée. 




Quant à Peter Pank, il ne chasse pas les Indiens, mais les hippies. Drôle, déjantée et érotique, cette version revisitée du Peter Pan de Walt Disney vaut son pesant de Dissoplast !




Les histoires des Peter furent publiées à l’origine dans la mythique revue El Vibora, un mensuel BD espagnol (1979 à 2005). Ce mag fut l’un des fers de lance de la BD pour adultes espagnole et underground, un représentant de la Linea Chunga (ligne rigolote) par opposition à la ligne claire.

Né à Barcelone en 1956, Francesc Capdevila Gisbert aka Max fait ses premières armes dans la bande dessinée au sein du groupe d’avant-garde " El Rollo enmascarado " au début des années soixante-dix.

En 1979, il est un des membres fondateurs du mensuel Víbora et des éditions La Cúpula, à l’origine du renouveau de la BD espagnole. En l’espace de quinze ans La Cúpula édite quatorze albums de Max, dont Peter Pank, libre transposition du conte de James Barrie qui vaut plusieurs prix à son auteur.






Depuis 1995, il dirige sa propre revue, Nosotros somos los muertos, dans laquelle a paru Le Rêve prolongé de Monsieur T. (1998). Illustrateur de presse, pour le New Yorker notamment, Max a aussi créé la mascotte de l’équipe de football de Barcelone (1998). En France, il fut un temps rebaptisé Alphamax pour éviter la confusion avec son homonyme français. Il a remporté le Grand Prix 2000 du Salon international de BD de Barcelone. 




Largement plus inspirée du film d’animation de Walt Disney que du roman de J. M. Barrie, les personnages sont passés à la loupe déformante des bouleversements culturels et des tensions politiques qui traversent la société espagnole.


Ainsi, le célèbre garçon qui refuse de devenir un adulte se métamorphose en punk bagarreur et les Enfants Perdus en apôtres de la violence gratuite. Les pirates du Capitaine Crochet deviennent une bande de rockers, les Sirènes d’insatiables nymphomanes et les Peaux-Rouges des consommateurs compulsifs d’hashish et de LSD…


Transgressif et engagé, Peter Pank garde intact – 30 ans après – son message libertaire et subversif. Le métissage entre un style graphique inspiré par la ligne claire et des thèmes chers à l’underground américain, s’enrichit dans l’œuvre de Max d’un regard original sur la situation politique et sociale du moment.



le bdmag vous propose les 2 albums 
sortis respectivement en 1985 et en 1989




Scan par "the clyde"

LIEN :
http://jheberg.net/captcha/petpank/




12 commentaires:

  1. Excellent dessinateur ce Max/Alphamax, effectivement quel pied ce "peter pank". Les espagnols, contrairement a nos représentants de la ligne claire franco-belge désespérément sérieux et académiques (a part peut-être notre Max auteur de Bloody), ont sut rendre la bd fun et rock’n’roll.Viva la linea chunga !
    Et il faut lire impérativement la revue "nosotros somos los muertos" c'est un bijou d'édition et de contenu.
    M'en vais me replonger dans l'original (papier), merci Anacho.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Effectivement ! Par contre c'est Pierre Ouin pour Bloody, Max (le français, lui c'est Spoty) - En ligne claire pas sérieux il y a évidemment Léon la terreur et l'inénarrable Maurice le cow-boy ! mais ceci est une autre histoire ... peut-être à (re)découvrir dans le bdmag ....

      Supprimer
    2. Ah ben ouin c'est Oui (ou le contraire), toutes mes excuses a Bloody et Spoty.
      Maurice le cowboy, et les autres trucs de Kamagurka,c'était trés etrange, j'aimais bien cet humour absurde par moment assez lourdingue. Leon la terreur par contre, j'ai toujours eut plus de mal.

      Supprimer
    3. Léon la terreur, spécial, mais j'aime bien l'humour !!!!

      Supprimer
  2. Comme le Doc a dit: Muchas gracias Capitan Anacho !!

    RépondreSupprimer
  3. Du punk, du trash !
    C'est violent, c'est vulgaire, c'est irrévérencieux, c'est irrespectueux. Un véritable défouloir, à l'époque, pour nos amis espagnols qui sortaient d'une longue oppression totalitaire.
    Pour tous ceux qui ont rêvé un jour de voir la fée Klochette les nibs à l'air, précipitez-vous sur cette lecture.

    RépondreSupprimer
  4. Yop !!!!! Punks not dead !!!!

    RépondreSupprimer