mardi 25 octobre 2016

Magazine Coq Hardi

Récit complet paru aux éditions Chateaudun, supplément au journal Coq Hardi
71 n° du 01/1945 au 05/1950
Spéciaux : 4
Rééditions : 1
Album Taille 155x240 à l'italienne;  20 pages - Noir et Blanc
Intégrales ou recueils : 6
Dessin: Jim Boum par Marijac (la majorité des n°) / Rallic (n°38 et 39,  2 n° spéciaux: Poncho Libertas 1 et 2) / Gal (Langlais) n°40 / Paul Gillon (n°67)


Jim Boum a été créé dans les années 30 par Marijac* (qui n'avait alors que 20 ans) pour le magazine Coeurs Vaillants
*pseudonyme de Jacques Dumas, né en 1908 à Paris, associant son prénom à celui de son épouse Marie. Décédé en 1994.

Le chevalier du Far-West 

Le cycle comprend trente aventures (1) dont l'unité tient dans le désignation du héros comme "Chevalier du Far-West". Jim Boum est un héros chevaleresque au sens où l'Église a codifié la chevalerie après le XIIe siècle, alors que les "cavaliers" contribuaient à l'insécurité du peuple des campagnes(2). Il est celui qui a été choisi, adoubé, admis dans l'ordre de la chevalerie. A défaut de celle de l'Église, ses armes ont reçu la bénédiction de la loi civile, et il s'est engagé à en respecter et faire respecter les règes. Qu'il soit ranger, scout ou éclaireur, reconverti dans l'élevage ou l'aviation civile, qu'il soit requis ou volontaire pour une mission, il s'astreint à une règle de vie et à des obligations morales : loyauté  il sera pour les Indiens "le cavalier au coeur loyal", vaillance, fidélité, respect de le femme, protection des faibles, défense de la foi et de l'Église (3). Comme tout chevalier, il dispose d'un fief qui doit le faire vivre. C'est son ranch du Nevada (4).Là, il entretient sa forme. Là, surtout, il se maintient en disponibilité, prêt à répondre â toute réquisition, au galop de son cheval Cyclone. La réquisition peut avoir une origine officielle. Son commandant de rangers de New Mexico 1ui confie la conduite d'une caravane d'émigrants vers le Californie. Le gouverneur de l'Arizona l'envoie enquêter sur les agissements du gouverneur d'une province mexicaine voisine de l'État, qui fait régner la terreur parmi les catholiques. Un vieux shérif le lance sur la piste d'un mustang mystérieux qui hante les Black Hills, terres sacrées des Cheyennes. 


Quelquefois, il s'agit d'une sollicitation que sa réputation d'homme d'honneur et d'action a inspirée au demandeur. Le professeur Chantavoine l'invite à l'accompagner en Alaska. Un ethnographe fait de même pour percer le secret d'une forteresse naturelle peuplée de dinosaures ("Le Secret des Monts Latanas" Coeurs Vaillants - 1942). Il prendra place avec un autre savant dans une fusée partant pour Mars ("L'étrange croisière du Squalus" Coq-Hardi - 1950). 
Mais le plus souvent, le chevalier Jim Boum s'investit lui-même, comme il convient d un chevalier errant. Pour faire rendre justice à des Indiens spoliés ; pour protéger un cheval sauvage des visées d'un trafiquant ; pour éclaircir une série de meurtres à la fléchette empoisonnée ; pour confondre le propriétaire d'une pêcherie ; ou, plus simplement, pour sauver un jeune cow-boy téméraire. 
Dans tous les cas, il agit au nom de son devoir, en se faisant reconnaître de ses adversaires comme de ses amis: 
"Sachez qu'un ranger de Mexico n'a peur de rien quand il s'agit de faire triompher l'ordre et la justice, et que devant toute attaque il sait se défendre. A bon entendeur salut!(5) 
Dès l'aube, je serai prêt puisque l'on a besoin de moi (6)
J'ai pensé «neje pourrais rendre ici d'importants services (7) 
Ou, plus laconiquement mais non moins résolu Quand partons? (8)


Jim Boum voyage dans le temps au mépris des lois de la causalité. Sa transmigration des forts de l'ouest américain aux forêts primitives de Mars ne décrit ni une généalogie — asile du Fantôme du Bengale ou celle des Timour ni une aventure individuelle exposée à la consumation selon Umberto Eco, mais un mélange des deux protocoles. Marijac ne pourra y mettre fin qu'en rendant son héros amnésique ("L'étrange croisière du Squalus") et en l'abandonnant pour les dernières planches à un autre dessinateur Christian Mathelot.  

(1) 16 feuilletons dans Coeurs Vaillants entre 1931 et 1944, 7 récits complets dans Les Belles Histoires de Coeurs Vaillants en 1941-42, 5 inédits dans le magazine  Coq Hardi en 1947-50, et 2 feuilletons dans Coq-Hardi en 1946 et 1950
(2) Georges Duby
(3) Jim Boum au Mexique, Belles Histoires de Coeurs Vaillants n°9 - 1942
(4) L'Irradium X 40, Coeurs Vaillants, 1940-1941
(5) Jim Boum au far-west Cœurs Vaillants, 1937
(6) Jim Boum, chef de caravane, Coeurs Vaillants, 1937
(7) Jim Boum, chevalier de l'air,Coeurs Vaillants, 1937-1938
(8) L'irradium X 40
Jean Tibi (c) "Le populaire à retrouver" publié par Antoine Court



Infos complémentaires:
http://www.dlgdl.com/GENPAGES/DSE_CCHZ.HTM
http://www.lesruesdemontpellier.fr/souks/marijac/jim_boum.htm
http://panse.over-blog.com/article-33892186.html
http://www.coeurs-vaillants.fr/index.php



Je vous propose le n°34 (supplément à Coq Hardi n°104) collection personnelle et d'autres n° si la demande et les commentaires sont là ;)




Bonne Lecture!!
Tout autre n° est le bienvenu
Merci à la BDream Team pour son scan et ses retouches

Doc Mars


17 commentaires:

  1. 1ère série: Jim Boum 2ème série: Jim Clopin Clopan...mais qui a inventé des noms de héros pareils? En tout cas...merci pour ce petit trésor de BD.

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    1. C'est Marijac qui a donné ces noms aux héros, mais replaçons nous en 1945 ;)
      au sortir de la guerre tout devait plaire aux jeunes lecteurs.
      Que dire de Tintin? :) déjà utilisé par R.M. de Nizerolles en 1911 dans les "Voyages aériens d'un petit Parisien à travers le Monde "
      http://gotomars.free.fr/priollet.html

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    2. Le Tintin de Nizerolles et le "Tintin au pays des Soviets" d'Hergé datent tous les deux de 1935...qui a copié l'autre? Quand on voit l’acharnement des héritiers d'Hergé à protéger le nom de Tintin on se dit qu'ils ont dû se faire la guerre. Dans mon voisinage une friterie portait le nom "Chez Tintin"...il faut voir la vitesse à laquelle ils ont reçu l'ordre de modifier le nom...maintenant on va manger nos frites "Chez Tonton".

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    3. Tintin "le petit parisien" de Nizerolles est de 1911 publié en feuilleton et très certainement inattaquable par Moulinsart ;)

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    4. mais qui le connait encore ? ;)

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    5. Les héritiers de Nizerolles faites nous plaisir...attaquez Moulinsart pour plagia.

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  2. Mille mercis à notre Hardi chevalier du Far West pour cette magnifique exhumation. :70:
    Une exclusivité supplémentaire de notre généreux Doc que les timides n'hésiteront pas à congratuler pour qu'il continue à fouiller dans ses archives.

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    1. Tu vas me faire rougir, cher Gran-Pa Altaïr !
      Merci à toi, il y aura d'autres Jim Boum d'ici quelque temps ;)

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  3. Moi je dis : Bravo ! Et merci !!! Et encore une fois peu de retour ....
    Lassant ....

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  4. Grandissime merci pour ce titre méconnu et inconnu.

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    1. Merci à toi aussi !!
      Pas inconnu Jim Boum mais méconnu (à part les prix sur Ebay) ;)

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    2. René-Marcel de Nizerolles, Henry de Trémières, Marcel-René Noll, René Valbreuse, ... quelques pseudonymes sous lesquels a écrit Julien Priollet.
      Si vous voulez en savoir plus, une seule adresse :
      http://gotomars.free.fr/priollet.html

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    3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. Merci Doc ! C'est tout de même un peu de notre histoire commune ! Celle des Français, des Européens, celle de la Bd, naturellement, c'est donc un très bel exercice de mémoire et cela va bien au-delà de la "simple" exhumation d'imprimés pour enfants. Au fond ,c'est un peu le même principe que ce que nous propos notre sergent Gorille ! Le contexte, la culture populaire et l'air du temps, l'histoire (la petite et la grande) et en fin la bd !

    Merci !

    Fana-Mili

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    1. Je te remercie de ton superbe commentaire, cher Fan-Mili, que je vais garder dans mes archives.
      Je retiens ton idée de fiche sur le Sgt Gorille et pour rester dans l'exhumation de notre chère BD française ancienne, j'ai un certain nombre d'anciens fascicules à proposer dont les auteurs sont totalement oubliés de nos jours.
      Donc au travail !
      Et encore merci!

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