jeudi 13 octobre 2016

Navy n° 50 et 154













 

Suite des fiches du 24/01/2016 et 26/01/2016
NAVY est une revue de l'éditeur Impéria.
179 numéros d'avril 1963 à septembre 1970. Format 13 x 18 cm. 68 pages. 22 recueils.
La revue présente essentiellement des récits complets de guerre (maritime) d'origine britannique issus de la revue de poche "War at Sea Picture Library".

Liens d'anciennes fiches Navy sur Bdmag Exhumatour:
http://bdvintagerares.blogspot.be/2016/01/navy-imperia.html
http://bdvintagerares.blogspot.be/2016/01/navy-suite.html

Je vous propose les n°50-154

Lien: Navy - 050
 




Lien: Navy - 154
 



Attention: Les images et textes proviennent du magazine Der Adler. Ceux-ci s’adressent à un public averti, en effet servant la propagande nazi, les articles parus dans Der Adler, ne sont évidemment pas le reflet de la vérité, mais ils peuvent être à la base de réflexion et de travaux sur cette période terrible.


Der Adler HEFT 6/ BERLIN/ 25.MÄRZ 1941
"Ça a été encore une fois du beau travail"
Le lieutenant Baumbach, dont le dernier rapport
de combat est publié dans le présent numéro
converse avec un camarade immédiatement
après son retour du raid. 


Le lieutenant Werncr Baumbach, qui, ayant coulé 240.000 tonnes de navire
de guerre et de commerce, compte à son actif le plus grand nombre de
victoires parmi les aviateurs de Stukas de l'escadre des Aigles, a remis à
l'« Adler » le rapport suivant sur l'exploit accompli le 13 février 1941 a
proximité de Harwich.

Je me trouve avec mon équipage dans le poste de commandement. Nous attendons le rapport d'un
de nos vieux «experts», le commandant d'avion adjutant K., appartenant à mon groupe, et qui "flâne" déjà sur la côte Est. Les premiers avertissements météorologiques arrivent. Le temps paraît convenir
«au mieux » à une attaque. Je décide de partir immédiatement. Notre brave Ju 88 se trouve déjà chargé et prêt à décoller sur le terrain. Cette fois, c'est mon premier mécanicien, le sous-officier B., qui m'accompagne comme mitrailleur de bord, car l'adjutant K. qui remplissait autrefois ces fonctions est encore à l'hôpital, où il guérit d'une blessure reçue au cours d'un atterrissage avec un seul moteur au retour d'un raid de nuit sur Londres.
« Machine prête! »
L'avion de combat Heinkel He III, connu dans le monde entier, et qui par
sa grande force combative et sa rapidité, a pris une très large part aux
victoires remportées au cours de la guerre actuelle.
Nous roulons au départ. Le temps est devenu encore plus mauvais. Sur le terrain, défense de partir. Le clocher, à proximité de l'aérodrome, est noyé dans les nuages bas et le brouillard. Le factionnaire lève le drapeau: nous pouvons partir. Un regard sur les instruments: «Les montres sur 12.00 heures! Volets d'atterrissage à 25°! Pompe en fonction!» Puis nous décollons. Quelques secondes plus tard, l'aérodrome est hors de vue. Nous disparaissons dans les nuages. Un regard sur la montre de bord: 12 heures 31. Nous sommes aujourd'hui le 13 février 1041. Le treize, justement!
Le vol d'approche dans la zone assignée est un véritable vol à l'aveuglette. M. est à l'appareil de relèvement et combine la route avec moi. Nous avons mis en fonction les installations de chauffage et de protection contre le gel. Je vole au compas. De temps à autre, nous apercevons la terre pendant quelques secondes. La campagne hollandaise glisse rapidement au-dessous de nous. Sur la côte, nous nous orientons encore une fois. Puis nous nous avançons dans la mer du Nord.
Au cours de la guerre, elle nous est devenue familière, et nous, vieux «experts» de l'escadre des Aigles, qui avons fait Scapa Flow, le Fi th of Forth, les Shetlands et Narvik, aimons notre Mer du Nord. Elle a fondé la gloire de l'escadre des Aigles. Et maintenant, nous la survolons de nouveau sur notre route vers l'Angleterre. Les moteurs vrombissent régulièrement à l'unisson. Les vitres sont recouvertes d'une légère couche de glace. Des averses de pluie et de neige battent contre le poste avant. La visibilité est nulle.
L'aiguille du variomètre, l'appareil qui indique la « chute » et la « montée » en mètres par seconde, et qui, au cours de attaques en vol piqué, monta souvent jusqu'à la butée, se trouve, immobile, en face du zéro. — Nous râlons nos appareils de visée et de lancement de bombes. Devant moi, luit la petite lampe de contrôle rouge: Tout prêt pour l'attaque!
L'escadre de chasse attaque un convoi anglais. Pilote et observateur
suivent avec la plus extrême attention les effets du coup portant
sur le vapeur britannique.
Dans quelques minutes nous devrons avoir atteint la côte anglaise. A chaque instant un navire peut surgir. Quatre paires d'yeux scrutent la surface des eaux avec une attention soutenue. Soudain, la terre apparaît au-dessous de nous. Nous avons atteint l'Angleterre. Près d'Orfordness, nous pouvons déterminer exactement notre position. De ce point, la nouvelle route est tracée vers le convoi signalé, dont, entre temps, un message radiotélégraphique a indiqué la nouvelle position. M. se trouve dans le poste avant, et B., derrière lui, dans le poste de mitrailleur. Le temps est devenu détestable, mais il faut que nous trouvions le convoi. 



Par la force irrésistible de l'attaque allemande, le convoi est
dispersé en quelques minutes
Et la chance nous sourit de nouveau. J'ai ouvert la fenêtre latérale du poste avant afin de mieux voir. Le pouce sur le bouton de lance-bombes, je cherche, et les autres cherchent, cherchent avec moi. Et tout à coup, nous l'avons trouvé! — A bâbord devant moi apparaît soudain une grande ombre noire qui se décompose en deux contours gris. Nous nous trouvons en plein milieu d'une averse torrentielle. Je me mets en position d'attaque, les yeux fixés sur le viseur dont le croisillon luit d'un vif éclat. A toute vitesse, nous fondons sur la cible. — L'escadre des Aigles attaque! Il faut que cela plie ou rompe! Le premier navire se trouve par le travers devant moi. Une seule pensée, une seule et même volonté nous domine: il faut que nous l'atteignions! Notre calme est inébranlable. Les secondes de l'attaque nous paraissent des éternités. En vol rasant, nous approchons de l'adversaire. Je reconnais un grand bateau-citerne. D'énormes lames déferlent sur l’avant du vaisseau. J'ai choisi ma cible. Maintenant: je lâche une lourde bombe. Mon pouce gauche n'a fait qu'appuyer presque imperceptiblement sur le bouton de lance-bombes: Coup portant à l’arrière du bâtiment! — L'attaque est survenue trop à l'improviste. La défense n’a pas le temps de riposter. — Une formidable explosion retentit. En quelques secondes, le bateau-citerne a sombré. Nous n'avons pas le temps de nous occuper de lui davantage, nous fondons déjà sur une nouvelle proie.
Un nuage de fumée noire monte vers le  ciel, l'arrière du
navire est en flamme. Le vapeur, qui transportait des
marchandises de grande importance militaire pour
l'Angleterre, ne naviguera plus contre l’Allemagne.
Cette fois, c'est au plus gros vaisseau de tout le convoi que nous en avons. Les traces lumineuses des projectiles de la défense nous sifflent aux oreilles. Tirez toujours! Nous attaquons! Un grand vapeur transocéanique, avec «superstructures d'hôtel». — Tel un monstre gigantesque, le bâtiment croît en s’avançant sur nous. Il est Incroyablement grand. Nous nous trouvons encore plus bas que le navire. J’en vois le haut bordage devant moi . . . Attaque! En quelques fractions de seconde, nous y sommes. Là, sur l’arrière, un ballon de barrage s’est élevé à 70—80 mètres. Il ne peut nous arrêter. Lancement de bombe: coup portant dans le bordage. — J’aperçois sur le pont deux tourelles de canons. Nous avons à faire à un croiseur auxiliaire d’au moins 10 à 12.000 tonnes. Une grande lueur d’incendie et une explosion de chaudière sont les effets immédiats de notre assaut.
Nous avons encore une quantité de bombes en réserve. En nous éloignant, nous parvenons tout juste à éviter un destroyer qui nous poursuit avec précision de ses coups de mitrailleuse et de canons DCA légers.
Sauve qui peut! En toute hâte, les matelots du vaisseau qui sombre mettent
les canots de sauvetage à l'eau. Ils ne peuvent sauver rien de plus que leur
propre vie. 

Au moment où nous faisons demi-tour, nous survolons un sous-marin tout à fait à l’improviste. Le voilà déjà dépassé. Cela s’est fait si vite que je n’ai pas eu le temps de lancer. — Mais nous devons le retrouver. — Virage. Rien n’est plus visible à la surface des eaux. Où est ce damné sous-marin? Pluie, lambeaux de nuages, écume. La mer du Nord est aujourd’hui déchaînée. Acharnés, nous cherchons. 11 ne peut avoir plongé, le fond est trop bas à proximité de la côte. Entre deux destroyers qui crachent vers nous rafale sur rafale, nous virons au-dessus des eaux. Là, une tourelle! Le submersible! De faible hauteur, nous nous lançons à l’attaque. Le sous-marin tangue et roule sur les flots agités. Les vagues déferlent sur le pont. Je veux être sûr de mon coup. Je lance donc mes bombes de façon que notre série, lâchée à la plus faible distance, prenne le bateau en diagonale. — Deux grandes taches d’huile en sont la conséquence visible. Nous prenons le chemin du retour. Peu à peu la tension se relâche. B. distribue les rations supplémentaires. Mon sans-filiste, l’adjudant T., avec lequel j’ai fait la campagne de Pologne, nous fait de la musique entraînante.
Nous sentons à quel point est étroitement uni un équipage qui, volant ensemble depuis des années, s’est complètement fondu en une unité de combat. La victoire du commandant est celle de tout l’équipage. Chacun y a sa part: le mitrailleur de bord, qui guette l’ennemi au fond de son poste, tout comme le commandant lui-même, qui a la responsabilité de ses hommes. Nous ne faisons pas de grandes phrases entre nous. La guerre nous a appris à être durs et à faire aussi des sacrifices. Les jeunes gens que nous étions sont devenus des hommes marqués par la guerre. Le souvenir de ce que nous avons vécu pendant cette plus grande des luttes ne nous quittera plus jamais. Et pourtant, nous n’avons pas désappris à rire. C’est ainsi que le vol de retour après l’attaque est des plus joyeux. Nous sommes bientôt rentrés en communication avec la station de TSF à terre. Nous annonçons: « Atterrissons dans cinq minutes. » En même temps qu’un autre équipage qui a livré une attaque au Nord de Humber, nous descendons sur l’aérodrome. Dans le P. C., le commandant nous attend déjà. Nous lui faisons notre rapport.

Werner Baumbach est né le 27 décembre 1916 à Cloppenburg. Attiré très jeune par l'aviation, il commence par prendre des cours de vol à voile. Il entre dans la Luftwaffe en 1936 et débute l'entrainement comme pilote de bombardier. Il débute la seconde guerre mondiale comme pilote de He 111, appareil avec lequel il prend part à la Campagne de Pologne, en 1939. Il est l'un des premiers pilotes à voler sur le Ju 88 et effectue de nombreuses missions aux commandes de cet appareil du sein du I./KG 30, unité dans laquelle il est transféré dès la fin 1939.Dès avril 1940, cette unité s'est spécialisée dans la lutte navale et participe de fait à l'invasion de la Norvège, se distinguant tout particulièrement à Narvik et Aandalsnes.



Remise de la Ritterkreuz en mai 1940, après avoir
endommagé le croiseur "Emile Bertin"

Croiseur Français "Emile Bertin"
Le 19 avril 1940, il endommage le Croiseur Français "Emile Bertin". Toutefois, à deux occasions, il effectue des atterrissages forcés avec son appareil. Il est récompensé dès le 9 mai 1940 par l'attribution de la Ritterkreuz et dès le lendemain, prend part à l'attaque contre le Soud Ouest de la Hollande, puis de la Belgiquet et de la France. Il est promu Staffelkapitän le 1 juin. Juste après cette nomination, il est envoyé au Japon pour une mission spéciale et ne rentre en Europe qu'à la fin septembre, à temps pour prendre part au Blitz. En 1941, il prend une part active à la Bataille de l'Atlantique, coulant de nombreux navires, ce qui lui vaut l'attribution des Eichenlaub le 14 juillet 1941 et une promotion, 5 jours plus tard, comme Kommandeur du I./KG 30. Au printemps 1942, le I./KG 30 est envoyé en Crimée mais dès le mois d'août, il est renvoyé en Norvège pour attaquer les convois qui ravitaillent l'URSS via Mourmansk. Baumbach reçoit les Schwerten le 18 août 1942. Il est le 16eme soldat allemand à recevoir cette distinction.



Empennage du  Junkers Ju 88 A-4 de Baumbach,
16 navires alliés (13 coulés - 3 endommagés)
A ce stade de la guerre, le Gruppe qu'il dirige a déjà coulé 300 000 tonnes de navires. Le Gruppe est alors envoyé en Sicile pour opérer en Méditerranée, un changement de secteur que Baumbach juge inapproprié.

En décembre 1942, Baumbach est retiré des premières lignes et commence à travailler sur la mise au point d'un nouveau bombardier et participe notamment à la mise au point des systèmes Mistel ou du missile Hs 293. En février 1944, il prend le commandement du nouveau KG 200 (Officiellement Kommodore à partir de novembre 1944) et se trouve en charge de toutes les missions spéciales de la Luftwaffe

Après la guerre, Baumbach passe trois ans comme prisonnier de guerre avant d'émigrer en Argentine où il travaille comme pilote d'essais. Il se tue accidentellement le 20 octobre 1953 en s'écrasant avec son bombardier Lancaster. Son corps sera rapatrié en Allemagne le 10 février 1954 pour y être inhumé.








8 commentaires:

  1. Grand merci pour ces nouveaux n° toujours aussi solidement documentés :)
    Alors chantons tous en choeur:
    https://www.youtube.com/watch?v=InBXu-iY7cw

    Pour Baumbach c'était un comble de mourir aux commandes d'un avion anglais!!

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  2. Passer à travers de la guerre sans une égratignure (bien qu'à partir de 1942 il n'ait plus effectué de mission de guerre) et mourir dans le cockpit d'un Lancaster...quelle ironie. Question chanson j'ai une préférence pour cette chanson légère et romantique allemande:
    https://www.youtube.com/watch?v=LZDJUTYDiq8

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    1. Wunderbar, mein herr!
      https://www.youtube.com/watch?v=dw9MeT4LUaU

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    2. Um den Aufenthalt in die Kriegsmarine
      https://www.youtube.com/watch?v=HKT6YKIO3vs

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  3. Superbe presentation pour un fan d'histoire comme moi, j'apprecie enormement cet opus. Merci.

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  4. Deux docs sur la grande guerre dans le blog privé ;)

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  5. Merci pour ce nouveau cours d'histoire, Tonton Lulu ! :)

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  6. In the navy ! merci Lulu pour cette immersion !

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