samedi 10 décembre 2016

Téméraire n°59 et 85




Téméraire est une revue de bandes dessinées petit format parue chez l'éditeur Artima et Aredit dans les collections Héroïc et Courage Exploit. 191 numéros du 10/1958 au 06/1977. 10 numéros spéciaux en bichromie. Essentiellement des récits de guerre.

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Je vous propose Téméraire n°59-85
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Attention: Les images et textes proviennent des magazines Signal et Der Adler. Ceux-ci s’adressent à un public averti, en effet servant la propagande nazi, les articles parus dans Signal et Der Adler, ne sont évidemment pas le reflet de la vérité, mais ils peuvent être à la base de réflexion et de travaux sur cette période terrible.



« Robinsonade » devant Tobrouk
Les aventures d'un équipage d'un stuka
Diaprés le récit du correspondant de guerre Ulrich Barthold
Dessins de H. Ludwig


Ils firent tant et si bien qu'ils abandonnèrent leurs
canots, se dégagèrent  du courant et gagnèrent
l'île à la nage.
Nous lisons bien sur la carte de l’Afrique du Nord: Golfe de Bomba! On n’aurait certainement pas entendu parler de ce golfe si la guerre n’avait pas éclaté. C’est justement sur ce golfe de Bomba que se trouve Tobrouk. Cette ville a, depuis l’ouverture des hostilités, acquis une certaine renommée. L’atlas ne nous trahit pas non plus aujourd’hui lorsqu’il indique dans les parages de ce golfe des petites îles, plutôt des récifs, où peuvent parfois se dérouler des aventures extraordinaires, de véritables « robinsonnades ». Eh oui, ces petites îles ont été le théâtre d’une de ces aventures encore beaucoup plus périlleuses que celle que notre fameux Robinson a vécues, lorsqu’il eut l’infortune de tomber entre les mains des cannibales. Comment vous représenteriez-vous nos cannibales modernes à votre avis? Des aviateurs anglais, des mitrailleuses, enfin tout ce qui se chargerait de rendre la vie des moins agréables à notre Robinson s’il était revenu sur la terre en 1942.
Deux aviateurs: Un adjudant et un sous-officier qui n’avaient pas du tout envie d’imiter Robinson effectuaient un raid sur Tobrouk. Ils n’eurent pas de chance! La D.C.A. britannique venait de briser l’empennage et la conduite d’huile. Cette fois ça y était! Adieu la belle vie dans les airs! Le moteur s’était arrêté net. L’adjudant réussit tant bien que mal à atterrir sur la surface de l’eau. L’appareil sombra immédiatement. Heureusement qu’en de telles circonstances, on peut toujours avoir recours aux canots en caoutchouc. Le sous-officier, lui, aperçut le premier l’île et y dirigea son canot. Il ne s’était pas rendu compte que le canot de l’adjudant était parti à la dérive. Par bonheur, un de ses camarades eut la bonne idée de se lancer immédiatement à sa poursuite.
Ci-dessus: Nos deux aviateurs eurent la prudence de se coucher sur le ventre, dans la forme où Dieu les avait créés.




























L’adjudant put alors entreprendre sa «croisière » vers l’île. Ils durent lutter contre un fort courant qui les tirait vers la côte et auquel les marins d’infortune ne pouvaient offrir qu’une faible résistance. Et cependant se laisser aller au fil de ce courant c’était être voué à aborder tôt ou tard la côte. Nos deux rescapés n’y tenaient précisément pas, d’autant plus que la côte était occupée par les britanniques. Ils firent tant et si bien qu’ils parvinrent finalement à se dégager du courant, à se libérer de son attraction et à gagner l’île, à la nage, après avoir au préalable abandonné leurs canots. Il est arrivé à Robinson, paraît-il, la même aventure. Lorsque nos deux aviateurs eurent débarqué, leurs regards ne se dirigèrent pas vers la mer mais instinctivement vers les cieux où devaient encore se trouver d’autres camarades, à bords des stukas. Hélas il n’y avait pas plus de stukas que de chasseurs d’ailleurs. Ceux qui les avaient accompagnés, avaient rebroussé chemin. Il était donc inutile d’attendre un secours du ciel.
Et à qui de pousser, de pousser l'avion, avec toute l'énergie du désespoir.





























Néanmoins, nos deux « Robinsons » avaient la chance et la consolation d’avoir avec eux des compagnons qui ne les abandonneraient jamais. Par contre, il y avait effervescence du côté des Anglais. Les misérables avaient repéré notre escapade. Les grenades et les obus sifflaient au-dessus de l’île. Des balles de mitrailleuses frôlaient dangereusement les buissons. Nos deux aviateurs eurent la prudence de se coucher sur le ventre, dans la tenue où Dieu les avait créés. On aurait pu croire qu’ils voulaient prendre un bain de soleil. Il s’agissait plutôt d’un camouflage en règle dans cette île devenue bien malsaine. On avait étendu les uniformes à sécher jusqu’à la tombée de la nuit. Nos deux héros ne commirent pas la témérité de lever la tête du sol. De temps en temps, des chasseurs anglais survolaient l’île à basse altitude. Il est probable que là-bas, sur la côte, on attachait une grande importance à ce vol de reconnaissance. Nos deux insulaires étaient bien persuadés qu’ils s’en tireraient, mais comment? C’était un vrai casse-tête. D’ailleurs, ils se faisaient davantage du mauvais sang sur le sort de leurs camarades que sur le leur. Les copains firent vite.
Dès l’après-midi, un «Fieseler Störck » apparaissait dans le ciel. Ça ne réussit pas, ce fut dommage! Il fut pris, sans doute, dans le feu de barrage des Anglais et dut s’en retourner comme il s’en était venu. Tout n’était pas aussi facile qu’on ne l’aurait pensé! Un peu plus tard, un autre avion apparaissait, lâchait un canot en caoutchouc avec des denrées alimentaires et un pistolet de signalisation. Le canot, malheureusement, fit un mauvais atterrissage; il tomba dans l’eau, fut pris par le courant et se dirigea vers la côte. Néanmoins nos deux Robinsons disposaient d’un pistolet de signalisation ainsi que de cartouches, car ceux se trouvaient dans chaque canot de caoutchouc. Ils se gardèrent bien d’en faire usage.
La nuit se passa tranquillement, mais les Anglais n’oublièrent pas pour cela que la petite île qui se trouvait juste en face d’eux était habitée par des aviateurs allemands. Dès l’aube, les tirs recommencèrent. Nos deux « Robinsons » profitèrent du répit accordé par la nuit pour inspecter l’île. Au loin se profilait le golfe de Bomba, tout étincelant sous les rayons du soleil matinal. L’île était très petite. Elle pouvait avoir au plus une longueur de 500 mètres. D’autre part, elle était très sableuse.
A la base de départ, on discutait aussi fermement sur ce même problème. Tout évoluait autour de cette question: Comment va-t-on faire pour tirer les camarades de ce mauvais pas? Et on consultait les experts, des vétérans de l’Afrique, et tout et tout. Par bonheur, il se trouvait que le sous-officier Pommer assistait à cet entretien. Pommer avait à son actif 12 sauvetages, effectués dans les déserts libyens. C’était un as du désert! Il ne lui restait donc plus qu’à effectuer son 13ème sauvetage. 13 est un chiffre fatidique, mais Pommer n’est pas superstitieux.
Le lendemain, vers 11 heures du matin, nos deux Robinsons aperçurent dans le ciel une étrange équipe, comme une sorte d’escadrille. C’était bien ça, 14 avions de chasse encadrant un « Fieseler Storch! La « Cigogne », tout au milieu, semblait bien consciente du rôle qu’elle avait à jouer. C’était le sous-officier Pommer qui dirigeait le manche à balai. Les deux insulaires jugèrent que le moment était venu de faire usage de leurs pistolets. Pendant ce temps, les chasseurs engageaient le combat avec les Anglais qui venaient à leur rencontre. Les « Robinsons » donnèrent le signal. La « Cigogne » comprit lorsqu’elle aperçut la fusée. Elle chercha un emplacement pour atterrir. A ce moment, un bateau se détachait de la côte. Puis, un deuxième et un troisième bateau faisaient voile sur l’île. La «Cigogne » évoluait autour de l’île afin de trouver un terrain d’atterrissage Malheureusement sur la côte on reconnut facilement ce que signifiait cette manœuvre. La « Cigogne », après bien du mal, réussit enfin à se poser. L’aérodrome occasionnel était sableux. Les navires anglais s’approchaient de plus en plus de l’île. Les aviateurs s’empressèrent bien vite de monter à bord de la « Cigogne ». Hélas, celle-ci ne pouvait pas se détacher du sable. Fausse manœuvre! Il fallait redescendre. Et à qui de pousser, de pousser l’avion, avec l’énergie du désespoir. Bref, tout l’équipage prenait place de nouveau à l’intérieur de la « Cigogne » et au moment précis où le premier navire anglais abordait l’île, notre « Cigogne », comme par miracle, décollait à la barbe des Tommies. Il fallait voir quels virages élégants et superbes la « Cigogne » effectua au-dessus de la tête des Anglais. Puis, notre « Cigogne » majestueusement prit sa direction et disparut. Nos deux Robinsons étaient sauvés!
Le soir, il y eut grande fête à la base de départ Le sous-officier Pommer fut la vedette de cette petite soirée
Il est bien probable que nos ceux aviateurs qui om vécu une si curieuse aventure se souviennent encore aujourd’hui de leur « robinsonnade ». Ils sont d’avis, paraît-il que le véritable Robinson a dû attendre plus longtemps qu’eux qu’on les secourût. Toutefois avait-il le loisir de se promener en toute tranquillité dans son île. Nos aviateurs ne connurent pas cette chance.

5 commentaires:

  1. Salut Lujojo
    C'est marrant ca va de plus en plus vite la suppression de certains fichiers chez certains Hébergeurs et tu as mis ces fichiers à 8h30
    heureusement que 1 Fichier ou Free sont moins réactifs

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    1. C'est un peu normal...cette fiche date de quelques semaines mais n'est éditée qu'aujourd'hui. Certains hébergeurs tiennent plus longtemps que d'autres...1Fichier est permanent car j'ai un compte chez eux.

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  2. Merci Monsieur Plus pour ces numéros supplémentaires !

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