jeudi 5 janvier 2017

Rapaces n° 70 - 74 - 101 - 103 - 104


 

Rapaces est une revue de bandes dessinées petit format parue chez l'éditeur Imperia. 425 numéros de mars 1961 à juin 1986. 75 recueils. BD de guerre avec comme sujet l'aviation.

Je vous propose les n°070 - 074 - 101 - 103 - 104




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L'Abeille de Seine-et-Oise. Supplément illustré 1917 (N112).


UN DRAME DANS LES AIRS






























Avant la guerre, les sous-lieutenants P... et G... étaient restés pendant plusieurs mois à la même escadrille d’aviation et s’étaient liés d’une étroite amitié. La mobilisation les avait séparés tout d’abord, mais ils devaient se retrouver, en septembre 1916, dans la Somme, le premier comme lieutenant-pilote, le second comme lieutenant-observateur à bord d’une saucisse. Les anciennes et cordiales relations d’autrefois avaient été reprises et, dès qu’ils étaient libres, ils se retrouvaient ensemble.





























Un après-midi, malgré un vent qui soufflait en tempête, P..., le lieutenant-pilote, avait reçu la mission d’aller accomplir une reconnaissance au-dessus des lignes boches... Il partit aussitôt et piquant droit vers la saucisse de son ami G..., fortement ballottée par l’ouragan, il vint le saluer au passage.
—Bonne chance  lui cria G...
—Au revoir ! riposta P...
Bientôt les deux camarades s’étaient perdus de vue.




























Sur son avion léger, tanguant et roulant dans les rafales, P... a poursuivi sa route. Après mille difficultés, se dissimulant dans les nuages pour échapper aux obus ennemis, il a réussi à mener à bien sa périlleuse mission et il est maintenant sur le chemin du retour. Le vent, de plus en plus violent, retarde sa marche et les projectiles ennemis sifflent à ses oreilles chaque fois qu’il se trouve à découvert. Il se hâte tant qu’il peut, car la nuit va venir. A grande hauteur, il passe enfin au-dessus des dernières tranchées boches. Bientôt il sera dans nos lignes.


























Qu’est devenue la saucisse de son ami?.. Celui-ci a-t-il pu continuer sa besogne, malgré la bourrasque?
Eh ! oui, il l’aperçoit maintenant et met le cap tout droit sur lui. Pris dans les sautes brusques du vent, son avion danse et il doit, à tout instant, remonter dans le vent pour continuer sa route.
Comment la saucisse a-t-elle pu tenir par un temps pareil? Elle est toujours là, mais, au fur et à mesure qu’il se rapproche du ballon captif, il lui semble que celui-ci descend vers la terre.
Enfin, son ami sera bientôt en sûreté. Mais pourquoi ne le descend-on pas plus vite? En vérité, à quoi pense-t-on? Le ballon ne descend plus. Est-ce une illusion? Il lui semble même qu’il remonte maintenant. Il ne se trompe pas. Il monte même très vite... Le voilà au-dessus des nuages et il grimpe toujours avec une vitesse vertigineuse, traînant après lui la nacelle où se trouve sen ami G...
Il comprend tout. Dans la tempête, le câble du-ballon captif s’est rompu et il vogue maintenant au gré du vent, il vogue droit vers les lignes boches.
P... ne pense plus qu’à son ami. Sans trop savoir ce qu’il pourra faire, il se met à la poursuite du ballon. Mais celui-ci monte bien plus vite que lui. Il n’ose le-regarder. Une terreur folle le prend à l’idée qu’il pourrait éclater. Mais il n’éclate pas. Il lui semble même qu’il a quelque peu descendu.
Encouragé, le pilote repart à sa poursuite, mais la saucisse, à la dérive, reprend sa course vers les lignes ennemies. N’importe, il la dépasse.


























On tire sur eux obliquement, de très loin. Le tir n'est pas bien dangereux, encore... Les obus n’arrivent pas jusqu’à eux et éclatent trop bas. Mais bientôt il en sera autrement. L’explosion des obus troue à chaque instant le ciel d’immenses éclairs rouges.




























Et soudain P..., dans une angoisse folle, voit le ballon captif faire un bond formidable et prendre feu. Tout est fini, cette fois !... Le ballon, peu à peu dégonflé, descend à présent. Il descend même très vite et ne forme plus qu’un globe de feu, laissant après lui un long sillage de fumée noire.



O surprise ! O joie! A la lueur de l’incendie ainsi allumé, P... aperçoit, à la hauteur du ballon mais descendant beaucoup moins vite, un parachute auquel un homme se tient accroché.
Il tombe doucement, progressivement, d’une course oblique, loin de la saucisse en feu, heureusement séparé d’elle.
Maintenant, sans souci des obus qui continuent à éclater, P... dans le vent qui redouble, se dirige vers le sol dans le sillage du parachute qui porte son ami. Ils se sauveront tous les deux ou périront ensemble.

























Le pilote atterrit enfin dans un terrain vague. L’arrivée au sol a été un peu brusque, mais il n’y a rien de cassé. La nuit est presque complètement venue. Les obus tirés sur eux se perdent dans l’obscurité..
P... a quitté à la hâte sa carlingue. Il va se mettre à la recherche de son ami G... quand celui-ci surgit tout à coup, traînant derrière lui son parachute.


Les deux hommes se serrent les mains, s’embrassent et G..., avec un bon rire joyeux et tranquille :
—Eh ! bien, mon vieux, crois-tu que je lui ai bien fichu le feu, à ma saucisse?... Les Boches ne l’auront pas !
—Ah ! c’est toi qui l’as incendiée?
—Parbleu !
—Alors, nous n’avons plus qu’à rentrer chez nous? Je vais t’emmener
— J’y compte bien.
Vingt minutes plus tard, le pilote et l’observateur atterrissaient heureusement parmi leurs  camarades qui commençaient à être terriblement inquiets.
Comme au théâtre, le drame avait bien fini...

5 commentaires:

  1. Encore quelques proies supplémentaires pour Lulu le Rapace et comme toujours une petite anecdote historique.
    Merci, mon ami ! :4:

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  2. Quelle Aigle ce Lulu !!
    Et 5 d'un coup et une très belle histoire de camaraderie.
    Grand merci cher ami ;)

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