lundi 27 février 2017

Panache n° 065 - 066 - 070 - 071 - 075 - 076















 

Panache est une revue de l'éditeur Impéria.
418 numéros de octobre 1961 à octobre 1987. Format 13 x 18 cm. 68 pages et bimensuel jusqu'au N°247, puis 132 pages et mensuel jusqu'à la fin. 74 recueils.

Bandes de guerre d'origine britannique.



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La bataille de Koursk
Juillet-août 1943

Sur la place centrale de Stalingrad flotte le drapeau soviétique - L'Armée rouge a triomphé; Fin Janvier, début Février 1943




























Au cours de l'hiver 1942, les forces soviétiques triomphent à Stalingrad en encerclant la 6ème armée allemande (près de 350 000 hommes) du maréchal Paulus mettant un coup d’arrêt aux offensives d’HITLER vers le Caucase et réduisant considérablement son potentiel de combat. HITLER craint une opération à l’ouest et veut stabiliser son front face aux Soviétiques. 

La troisième bataille de Kharkov est une contre-attaque allemande menée par le Groupe d'armées Sud allemand contre l'Armée rouge autour de la ville de Kharkov entre le 19 février et le 15 mars 1943. La contre-attaque allemande conduisit à la destruction d'environ 52 divisions soviétiques et à la reconquête des villes de Kharkov et de Belgorod.
De plus, pendant l’hiver 1943, le maréchal MANSTEIN a remporté brillamment la troisième bataille de Kharkov, stabilisant la ligne de front de Léningrad au nord à Rostov au sud. Au milieu, se trouve un saillant de 200 kilomètres de largeur et de 150 kilomètres de profondeur entre la position avancée allemande d'Orel au nord et Kharkov : c’est le saillant de Koursk.
MANSTEIN veut lancer une nouvelle offensive sur le même modèle que celle de Kharkov, quand il avait encerclé l'offensive soviétique trop avancée. Il suggéra de tromper les soviétiques  en les attirant dans le bassin du Donetz. Il encerclerait par le sud les Soviétiques et en particulier la totalité de l'aile sud de l'armée rouge acculée contre la mer d'Azov.
L'OKW (le quartier général allemand) n'accepte pas ce plan, et souhaite une action de tenaille directe sur le saillant de Koursk avec trois armées.





Phase 1 : le choc initiale

L’attaque commence dans l'après-midi du 5 juillet avec des raids de Stukas qui attaquent les lignes soviétiques sur 3 km de profondeur pendant que l'artillerie initie un tir de barrage.

 Témoignage du tireur Lau de la "Leibstandarte SS Adolf Hitler". Le Tiger de l'Unterscharführer Staudegger face aux T.34 
"Lorsque s'abattent les premiers coups de l'artillerie, nos Tiger doivent traverser un petit ruisseau ce qui demande une attention soutenue aux conducteurs, les Tiger passent toutefois cet obstacle facilement. Ce n'est pas encore l'aube. Les Tiger se trouvent prêts sur une grande étendue. Les salves de roquettes (Werfer) et les attaques de Stukas sont très impressionnants. Je vois pour la première fois le mur de feu de batteries de Werfer, j'entends leurs terribles grondements... Nous devons attendre un peu car les pionniers ont placé un T34 dans le fossé et sont fébriles pour créer un franchissement pour les panzers. La compagnie se déploie largement, les russes déclenchent un très fort feu défensif. Mon sentiment n'est pas bon, je ne sais si c'est la peur, mais en tout cas, j'ai l'estomac noué. Au même moment nous sommes atteints par un obus (Il s'agit d'un petit obus antichar), un obus atteint notre train de roulement. Mon état empire à vue d'œil lorsque nous nous rendons compte que Wendorff est couvert de sang, mais, dieu soit loué, il a été légèrement blessé par un éclat de bloc de visée qui lui a labouré le visage..."

Le fer de lance blindé de HOTH, le IIIe corps Panzer progresse alors vers les positions soviétiques autour de Savidovka.

Témoignage du Leutnant Peters (Pz.Rgt.35). 
"L'Oberleutnant Prast donne l'ordre d'attaquer, mais, déjà après quelques centaines de mètres, il est abattu. C'est le plus ancien chef de section, le leutnant Beck, qui prend le commandement. Mais pour peu de temps car au bout de quelques minutes, son char reçoit aussi un coup. Maintenant c'est mon tour. Nous ne sommes plus beaucoup, l'Oberfeldwebel Allgaier a maintenant repéré un KV enterré, un parmi beaucoup. Avec le sang-froid et le calme des Souabes, il le vise, mais la distance est encore trop grande et les obus de 7,5 ricochent. Il tire alors dans le terrain avancé avec des obus explosifs afin que la poussière qui tourbillonne aveugle l'adversaire. Il en profite pour s'en rapprocher. Le même jeu se répète deux fois, trois fois. Maintenant, il est là où il voulait être. Avec un obus de rupture dans le tube, il est aux aguets, prêt à tirer. La poussière se dissipe et l'objectif est dégagé. Tir et coup au but!. Nous nous sentons soulagés quand, derrière nous, arrive la s.Pz.Abt.505. Nous avons besoin de renfort et de soulagement. Au moment où je suis en train d'observer  le terrain, sur le bord de la tourelle avec des jumelles de campagne, une pression formidable avec détonation assourdissante me frappe sur le siège du commandant. Maintenant, on est touché, pensai-je. Mais nous sommes indemnes, notre char aussi. On trouve l'explication très vite. Un Tiger a cherché le couvert de mon Panzer IV. Quand le coup est parti, l'embouchure du canon de 8,8 était à peine distante d'un mètre de ma trappe de tourelle. Ce n'est pas ainsi que nous imaginions l'emploi des Tiger"...































Dans le même temps, le régiment de panzer grenadier Großdeutschland attaque Butovo sous une pluie torrentielle pendant que les hauteurs sont prises par la XIe division Panzer. À l'ouest, la IIIe division Panzer, qui rencontre une forte résistance soviétique, n’atteint ses objectifs qu’à minuit.

Témoignage du commandant soviétique Pavel Rotmistrov
« Après quelques minutes, les chars du premier échelon des 29ème et 18ème Corps ont ouvert le feu en mouvement, avant de heurter frontalement et de bousculer le cœur du dispositif militaire des forces nazies, chargeant littéralement afin de percer les formations ennemies. […] Dans cette mêlée, leurs « Tigres » et « Panthers » se voyaient ainsi privés de l’avantage en termes de puissance de feu sur lequel ils avaient pu compter au cours d’autres affrontements avec nos formations de blindés. Ils étaient donc déconcertés par l’efficacité à courte portée des chars soviétiques T-34 et même T-70. Le champ de bataille était envahi par des tourbillons de fumée et de poussière, la terre était secouée par de puissantes déflagrations. Les chars se heurtaient les uns aux autres et s’accrochaient, ne pouvant plus se dégager, ils se battaient alors à mort jusqu’à ce que l’un des deux ne flambe pas comme une torche ou ne se retrouve pas avec les chenilles réduites en morceaux. Mais même les chars endommagés continuaient à tirer si leurs armements étaient encore en état de marche ».

Dans le sud, le IIe SS Panzer Korps lance ses attaques préliminaires pour sécuriser les postes d'observation sur les seules hauteurs dominant le saillant de Koursk mais rencontre une résistance déterminée jusqu'à ce que des troupes d'assaut, équipées de lance-flammes, nettoient les bunkers et les avant-postes russes. 

À 22h30 les Soviétiques répliquent par un bombardement d'artillerie qui, à la faveur des fortes pluies, ralentit l'avance allemande.  
Deux chasseurs russes, un Mig-3 et un Yak-7,
abattent un Ju-88 qui plonge vers le sol.

Mais l’épicentre de la bataille débute le lendemain. En effet, les Soviétiques, remis de la surprise initiale, mettent en œuvre des tirs d’artillerie au moment du débouché des troupes allemandes. Cette action est complétée par une attaque massive par l’aviation soviétique sur les bases de la Luftwaffe dans la zone d’opération et ce, afin d'éliminer le support aérien local dès les premières heures de la bataille. Ces actions furent probablement les plus grands combats aériens de l'Histoire. La Luftwaffe, malgré sa défense héroïque se voit alors contester la maîtrise du ciel. La Wehrmacht a perdu l’initiative.

Phase 2 : l’enlisement

Très vite, la IXe armée Panzer dans le nord se trouve presque incapable de bouger. Dans les premières minutes de l'offensive elle  s’arrête en effet dans un immense champ de mines défensif et doit attendre de longues heures le soutien de sapeurs pour se dégager sous le feu incessant de l'artillerie russe. L'armée de MODEL avait bien moins de chars que MANSTEIN dans le sud et il mène, de surcroît, une tactique différente et peu efficace, utilisant ses unités alternativement pour les garder en réserve plutôt que concentrées pour obtenir la percée.

Témoignage de l’officier-tankiste soviétique Evgueni Chkourdalov
«  J’ai touché le premier char alors que je me déplaçais le long de la voie ferrée. Là, littéralement à 100 mètres de distance j’ai vu un char « Tigre » qui se trouvait sur le côté, perpendiculairement à notre position et tirait sur nos chars. Apparemment il avait mis hors de combat un grand nombre de nos chars qui se trouvaient encore sur le côté, et il tirait en direction de nos blindés. J’ai visé l’engin ennemi et tiré. Le char a pris feu. J’ai tiré encore une fois et le char s’est embrasé une nouvelle fois. L’équipage a sauté du char mais en réalité j’avais d’autres sujets de préoccupations. J’ai contourné ce char et par la suite j’ai détruit un char T III et un « Panther ». Vous savez, quand j’ai mis le « Panther » hors de combat, j’ai ressenti un grand sentiment d’excitation de voir que j’avais accompli un acte aussi héroïque ».

Après une semaine, les Allemands n’ont progressé que de 10km et, le 12 juillet, les Soviétiques lancent leur aile nord contre la IIe armée à Orel. Le rapport entre les pertes allemandes et celles de l'armée rouge est alors de 3 pour 5 mais cela ne suffit plus pour contrebalancer les masses russes.

D'après le Schwarze Korps
"L'Unterscharfuhrer Staudegger grimpe dans la tourelle de son 
Tiger (n° 22) et fonce vers le front. En chemin, un grenadier lui 
signale que 5 chars soviétiques auraient percé, il en voit 2 
qui explosent attaqués par des fantassins. Au bout de quelques 
minutes, le canon du Tiger détruit 3 T 34. Deux autres T 34 apparaissent 
sur la voie ferrée. En l'espace d'une minute, ils sont transformés en 
champignons de fumée. Cinq autres surgissent d'un petit bois. 
Ils sont aussi détruits après un échange de tirs acharnés. En continuant 
de progresser, il voit l'unité blindée annoncée plutôt, il tire coup sur 
coup. Après que 22 chars aient été détruits, les obus antichars 
sont épuisés. Les blindés qui restent sont pourchassés avec des 
obus explosifs qui endommagent gravement un grand nombre d'entre eux. 
Dans le sud les choses semblent initialement aller mieux pour les Allemands. Les blindés ouvrent une brèche et, le 6 juillet, ils ont conquis 30 km jusqu’à la petite ville de Prokhorovka. Néanmoins, avec l’échec de la « pince » nord de l’attaque allemande, cet effort n’est pas décisif. D’autant que l'armée rouge  déploie en défense les troupes initialement planifiées pour n'être utilisées que dans la contre-offensive soviétique, renversant ainsi le rapport de force. De plus, le flanc allemand n'est plus protégé car les divisions de KEMPF sont immobilisées, après avoir traversé la rivière Donets, par la 7e armée de la garde soviétique et par la météo. La 5e armée de chars de la garde russe, située à l'est de Prokhorovka engage, de son côté, violemment le IIe SS Panzer Korps et l’arrête après d’âpres combats de chars. C’est le plus grand engagement blindé de la guerre même si le « mythe », diffusé par les propagandes respectives évoquant des milliers de chars se faisant, est loin de la réalité des faits. En effet, ce combat a probablement vu s’affronter seulement 500 chars soviétiques dont 350 T34 et  quelques 117 panzers.


Phase 3 : la contre-attaque soviétique

Le 11 juillet, alors que se déroule le débarquement allié en Sicile, HITLER ordonne à Von KLUGE et MANSTEIN d’arrêter l’offensive. Quelques unités allemandes sont alors immédiatement envoyées en Italie et les soviétiques lancent leurs plans de contre-attaque dès le 15 juillet sur Orel. 

Témoignage du tankiste allemand de la division de blindés « Adolf Hitler », Wilhelm Reiss
 « Subitement, un T-34 a surgi et s’est dirigé droit sur nous. Notre premier opérateur radio s’est mis à me passer des obus un à un, pour que je les charge dans le canon. A cet instant, depuis le haut du char notre commandant n’arrêtait pas de crier : tire ! Tire ! – parce que le char continuait à se rapprocher de nous. Ce n’est qu’après le quatrième « tire ! » que j’ai entendu « Dieu merci ! » Ensuite, après un moment nous avons pu constater que le T-34 s’était arrêté à seulement huit mètres de nous ! Au sommet de sa tourelle comme estampillée, il y avait des trous de 5 centimètres. […]. Les formations armées des deux camps se sont entremêlées. Nos tankistes ont frappé l’adversaire avec succès à courte distance, mais nous avons subi de lourdes pertes. »


Témoignage de Gunther Gotha. Panther de la Hitlerjugend
"Un double choc strident! Coup au but ! Immédiatement, je pense : il faut sortir! Je bondis vers le haut afin d'évacuer par la tourelle. Mais soudain, une boule de feu brûlante entre dans l'intérieur de la tourelle avec violence. Je rabaisse mes bras et tente de protéger mon visage. J'entends alors un cri de bête dans les écouteurs, je ne réalise pas que c'est moi qui a poussé ce cri inhumain. Je sens mes genoux fléchir et je pense : "Tu dois vivre". Cette volonté me pousse vers le haut. Avec la chaleur, j'ai l'impression que mon calot s'élève de ma tête, comme une montgolfière. Je grimpe, instinctivement, comme j'ai si souvent appris à la faire, sans me soucier de la douleur et du danger. En levant la tête, j'aperçois le fond de la culotte camouflée de mon chef et je remarque deux petites brulures à cet endroit, dans cette grave situation, j'ai l'attention attirée par ce détail. Je suis maintenant sur la tourelle et je brandis mes mains devant moi, elles ne sont plus que deux masses rouges et noires. Mon visage me tire comme si la peau était trop étroite. Mon treillis fume de partout, un gigantesque nuage de fumée sort de la tourelle, à côté de moi, le moteur brûle. Le chargeur rampe à côté de moi en sortant par son écoutille arrière, il a été aussi salement touché. Je réalise soudain qu'il faut descendre..."
Les Allemands sont contraints de se replier sur la ligne Hagen partiellement préparée à la base du saillant. C’est la première victoire russe lors d’une offensive estivale. Dans le sud, les Soviétiques sont plus lents à se regrouper et attaquent que le 4 août. Soutenus par des attaques de diversion plus au sud ils reprennent Belgorod aux troupes de MANSTEIN et atteignent Kharkov le 11. Le 20, toutes les forces allemandes, épuisées, se replient et constatent l’échec de cette offensive d’été. La Wehrmacht perd à Koursk l’initiative sur le théâtre d’opération russe ainsi que ses dernières réserves opératives, d’autant que Berlin doit maintenant renforcer le front occidental.

Merci à "lechoduchampdebataille" pour les infos:
http://lechoduchampdebataille.blogspot.be/p/koursk-1943.html

5 commentaires:

  1. Merci!Merci!Merci!Merci!Merci!Merci!Merci!Merci!Merci!Merci!
    C'était lechoduchampdebataille :)
    Toujours aussi magistral, prof Lulu :4:
    Une réf en blog privé ;)

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    1. Tu es enthousiaste mon ami. J'adore. Pour la fiche j'ai surtout apprécié les photos et les témoignages des combattants.

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  2. Encore beaucoup de Panache !
    Merci Lulu d'avoir retracé pour nous la plus grande bataille de chars de l'histoire.

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  3. De la culture,de l'histoire et de la BD!Quel régal!Mille mercis.

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