mardi 27 juin 2017

Battler Britton 103 - 111 - 115

















Battler Britton est une revue de l'éditeur Imperia.
471 numéros de juillet 1958 à juin 1986. Format 13 x 18 cm. BD de guerre. 81 recueils. Les recueils suivant sont des reprises de numéros déjà réunis en recueils. Elle comporte 68 pages jusqu'au 300e numéro où elle passe à 132 pages. Sa publication s'arrête au n° 471 de juin 1986.
En 1958, Impéria décide de dédier une revue à part à cette série qui paraissait déjà dans le récit complet Sergent Garry. La revue abritera principalement des épisodes de Battler Britton, mais on y trouvera aussi quelques séries secondaires éphémères, surtout après
son passage à 132 pages.















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Hans Philipp - L'As de la Luftwaffe


Hans Philipp, né le 17 mars 1917 à Meissen en Allemagne et mort au combat
 le 8 octobre 1943 dans les environs de Neuenhaus aux Pays-Bas


Hans Philipp termine sa formation de pilote de chasse début 1939, et deviendra bientôt un des premiers et plus grand as de la guerre.

Affecté à la 1./JG 76, le Leutnant Philipp remporte sa première victoire en Pologne, le 5 septembre 1939 en abattant au-dessus de la ville de Radom un PZL-24 des Force aérienne polonaise, qui fut récompensée par la Croix de fer 2ème classe.

Le 6 avril 1941 débute la campagne des Balkans,
au-dessus de la Grèce, la Crête et la Yougoslavie.
Il ajoute 7 autres succès durant la bataille de France en 1940. Peu après, le I./JG 76 devient II./JG 54 et pour ses efforts et aussi par son talent de leader, Philipp devient Staffelkapitän de la 4./JG 54 en août 1940 en pleine Bataille d’Angleterre, succédant ainsi à Dietrich Hrabak qui lui prend la tête du II./JG 54. Il continue d'amasser les succès et atteint bientôt sa vingtième victoire le 22 octobre ce qui lui vaut la croix de chevalier de la croix de fer. Avec 23 succès au compteur à la fin de l'année, Philipp et le dixième as de la Luftwaffe à égalité avec deux autres pilotes. Il est également en tête des as de la JG 54. Dès lors, et jusqu'à la fin du conflit, il ne quittera plus le top 15 des as de la Luftwaffe.

Le lendemain de l'offensive, Philipp descend deux adversaires lors de raids aériens massifs, ironiquement deux...Bf 109 de l'aviation yougoslave (Jugoslovensko Kraljevsko Ratno Vazduhoplovstvo - JKRV) ! Ce seront là ses deux seules victoires pour cette campagne, l'opération Barberousse contre l'Union soviétique arrivant à grands pas fin jui
































Ce nouveau front va faire grimper son score en flèche ! Cantonné en Prusse-Orientale sur le front de Leningrad, l’Oberleutnant Philipp remporte sa trentième victoire le 30 juin. Le 30 juillet, il réalise un joli quintuplé et fait ainsi grimper son palmarès à 49. La barre des 60 est franchie le 18 août et le 24 août, il reçoit les feuilles de chêne après 62 victoires. Le début de l'hiver russe ralentit l'activité allemande sur le front Est mais Phillipp, avec un palmarès de 73 victoires, peut se targuer d'être le septième as de la chasse allemande.




Les choses sérieuses reprennent en février 1942. Hans Philipp est désormais Hauptmann est ajoute 13 avions russes à son tableau de chasse. Le 12 mars 1942, Philipp devient le premier membre de la JG 54 à décrocher les glaives, après 86 victoires aériennes, et le 31 mars, il devient le quatrième as de la Luftwaffe à atteindre les 100 victoires, le premier de l'année 1942, le premier également de la JG 54.

Après une pause de deux mois, Philipp est de retour au front fin mai. Cependant, l'été qui suit n'est guère prolifique pour l'as allemand, avec seulement 13 victoires de plus jusqu'à début août.
C'est une toute autre histoire quand, en l'hiver 42-43, le I./JG 54 troque progressivement ses Bf 109 contre les nouveaux FW 190A plus puissant.

 Ainsi, le mois de décembre se solde par de nouveaux succès pour Philipp, dont huit avions (3 Il-2 et 5 LaGG-3) abattus le 30 décembre en deux sorties, pour un total de 129 à la fin de l'année.

Le début de l'année 1943 démarre sur les chapeaux de roue : pas moins de 33 victoires en janvier, dont un nouvel octuplé le 12 et deux quintuplé respectivement les 7 et 14 janvier, ainsi que la barre des 150 succès atteinte le 14. 17 autres victoires viennent s'ajouter en février qui se termine par un nouvel octuplé le 23 : Hans Phillip est alors titulaire 179 victoires. Le 7 mars, le Kommandeur bat son propre record avec 9 victoires dans la journée. Promu Major dès le 16 mars, Hans Philipp peut fêter dignement son anniversaire dès le lendemain en franchissant la barre des 200 victoires ! Il est alors le second pilote seulement après Hermann Graf de la JG 52 à atteindre pareil score.

Désormais interdit de vol, Hans Phillip reste toutefois à la tête du I./JG 54 jusqu'au 1er avril, date à laquelle son commandement est repris par le vétéran Reinhard Seiler (en). À cette époque, la 8th Air Force américaine commence déjà à frapper méthodiquement l'Allemagne par des bombardements massifs contre les principales cibles stratégiques de l'Europe occupée. En conséquence, plusieurs pilotes chevronnés sont retirés de l’Est pour combattre dans la Défense du Reich. Parmi eux, le Major Philipp qui est transféré pour prendre en charge la JG 1, jusqu'alors l'une des rares escadres diurnes à être encore commandée par des anciens de 14-18. Philipp lui, n'a que 26 ans depuis un mois, et apporte alors indéniablement du sang neuf. Les 2 et 16 mai 1943, il renoue avec le succès en descendant un Spitfire et un P-47, son premier avion américain.

L’adversaire dans le ciel européen est toutefois constitué de gros et nombreux quadrimoteurs lourds armés jusqu'aux dents et escortés par des chasseurs deux fois plus nombreux encore. Les possibilités de victoires sont désormais moindres comparées à la situation en Russie et Hans Philipp n'échappe pas à cette règle.



Dans une lettre adressée à son ancien chef d'escadre Hannes Trautloft (en), Hans Philipp écrit : « D'un côté, on vit confortablement, les filles sont nombreuses et on a tout à disposition ; de l'autre coté, la lutte dans les airs est particulièrement difficile. Difficile, non seulement parce que l'ennemi est supérieur en nombre et les Boeing sont bien armés, mais parce que quelqu'un meurt toujours, en laissant sa chaise et sa chambre vide (...) Lutter contre 20 chasseurs soviétiques ou même des Spitfires, c'est toujours un plaisir, même si on ne sait jamais si on va survivre. Mais plonger au milieu de 60 Forteresses Volantes, "c'est le type d'expérience qui te fait voir la peur de ta vie".

Quatre jours après l'envoi de cette lettre, le 8 Octobre 1943, la 8e Air Force a envoyé 156 bombardiers pour attaquer les villes de Brême et Vegesack. La formation a été escortée par plus de 250 P-47 Thunderbolts de six différents groupes de combats. Plusieurs unités de la Luftwaffe ont été envoyées à l'interception, y compris la JG1 sous le commandement de Philipp.. Au cours de l'attaque qui s'ensuit, Philipp parvient à descendre un B-17 quadrimoteur
































Les pilotes qui ont également participé aux combats, ont dit avoir entendu le cri de « Victoire » de Philipp annonçant un P-47 descendu.

La dernière diffusion à la radio était « Reinhardt, attaque! ». Ce jour - là, le Feldwebel Reinhardt était le Rottenflieger de Philipp, et était le dernier à voir l’avion de son Kommodore disparaître à travers les nuages. Quelques instants plus tard, Reinhardt est entré en collision avec un avion ennemi et a été forcé de faire un atterrissage d'urgence.
Bien qu'il y ait controverse sur qui l’a abattu - l'un des candidats est l'as américain aux 28 victoires Robert Johnson (1920-1998). Ses restes ont été récupérés près de Nordhorn au Pays-Bas et ont été enterrés dans le cimetière de Trinitatisfriedhof à Meissen (Allemagne).

Hans Philipp avait 26 ans. Il sera promu Oberstleutnant à titre posthume. En 500 missions, l'as allemand a remporté 206 victoires : 178 à l'Est et 28 à l'Ouest dont 1 quadrimoteur. La JG 1 sera reprise par un certain...Hermann Graf qui, avec seulement 10 autres pilotes, seront les seuls à dépasser le score de Philipp jusqu'à la fin de la guerre.














Attention: Les images et textes proviennent des magazines Signal et Der Adler. Ceux-ci s’adressent à un public averti, en effet servant la propagande nazi, les articles parus dans Signal et Der Adler, ne sont évidemment pas le reflet de la vérité, mais ils peuvent être à la base de réflexion et de travaux sur cette période terrible.


C'était sur le Lac de Ladoga
Sur le front du lac llmen, la situation est de nouveau agitée.
Les soviets veulent tenter une trouée. Ils ont massé effectifs
et matériel. A son poste de combat, le commandant Philipp
apprend que de nombreux avions de bataille ennemis, protégés
par des chasseurs, ont attaqué. Immédiatement, lui et son
premier officier d’état-major donnent les ordres nécessaires.
II faut nettoyer l’espace au-dessus du lac llmen. Le Me 109 du
chasseur allemand le plus réputé par ses victoires, est prêt à
starter. Le personnel au sol aide le commandant à
sangler son parachute (en bas)
PX photos du correspondant de guerre Berger

Par le commandant Hans Philipp

Depuis des jours, la tempête fait rage, le vent hurle autour de nos abris, la pluie ruisselle sur les machines et le nez contre les vitres, nous passons le temps à contempler le triste spectacle de notre champ d’aviation, quelque part dans le Nord, et de sa piste de roulage molle comme une éponge. Cette oisiveté, cet ennui d’attendre que le temps s’améliore mettent les nerfs à une dure épreuve. Mais, prendre patience, l’aviateur doit s’y exercer et l’apprendre avec le temps.
Un matin plus clair se lève. Les nuages de pluie qui traînaient si bas commencent à se disloquer. On aperçoit un peu de ciel bleu à travers-les trouées. Et déjà quelques timides rayons de soleil glissent sur les hélices de nos avions, sur les visages frais et bien éveillés de
nos chasseurs, de nos équipages de stukas qui sont venus discuter ensemble devant le poste de combat les derniers préparatifs de la mission depuis si longtemps projetée.

Les moteurs rugissent, comme s’ils se réjouissaient avec nous. L’eau gicle de toutes les flaques. Nous startons, en direction du lac de Ladoga. Il s’agit d’intercepter les bateaux soviétiques apportant des renforts pour Léningrad à travers le grand lac. Les voilà déjà! Furieusement leurs transporteurs et les bateaux d’accompagnement nous crachent leurs munitions. Aboyeurs! Nos stukas passent au dessus sans se soucier de tout ce vacarme. Ils cherchent les bâtiments les plus gros, nos avions de combat, ceux qui ont le plus de DCA à bord, cependant que nous autres chasseurs, nous évoluons autour de la formation pour empêcher que les chasseurs soviétiques ne puissent nous déranger trop tôt.


























L’ordre d’attaquer arrive. Les moteurs des avions de chasse piquent du nez, les stukas abaissent leurs ailes. Les bateaux grossissent à vue d’œil dans la visée, la surface miroitante du lac se rapproche à une vitesse vertigineuse. Les armes de bord crépitent déjà, les bombes descendent en se dandinant. Des fontaines de vapeur et de fumées montent vers nous. Les débris des transporteurs atteints s’éparpillent dans l’air. Les chasseurs des Messerschmitt rasent presque la surface des eaux sombres à peine entrevues. Les traces lumineuses de leurs canons et de leurs mitrailleuses les précèdent au dessus de la mer agitée, des bateaux voués à la perte.

« Hourra! » crie une voix à l’appareil de transmission. « Dans le tas! » Et soudain: «Attention, chasseurs ennemis au dessus de nous!» Un instant de silence, puis les moteurs relèvent le nez. En angle brusque les machines remontent, laissant derrière elles les panaches de fumée de leurs munitions.






























Nous nous précipitons de tous côtés sur la formation de chasseurs ennemis qui, devenant nerveux, décrivent des virages d’un point à l’autre. On aperçoit les ventres renversés des machines qui jettent un éclat d’un bleu clair, les hélices reluisent, les traces lumineuses des projectiles décrivent leurs paraboles et cherchent à les atteindre. Déjà un bolchevique tombe en vrille et disparaît dans la mer. « Retour! » dit la voix à l’appareil. Nous devons rentrer pour prendre une nouvelle charge de bombes. Dans une heure nous serons revenus. L’important aujourd’hui n’est pas de descendre des avions, mais de couler des bateaux, d’intercepter les renforts pour Léningrad.

Par groupes, les chasseurs rentrent au port d’attache. Les stukas ont atterri depuis longtemps. Au moment où les derniers chasseurs quittent le lieu du combat, un dernier parachute de forme carrée pendille encore au dessus de la mer, celui du pilote d’une machine descendue. Des débris de bateaux, des taches d’huile couvrent les eaux. On voit encore dans l’air quelques traces de fumée des munitions tirées, et aussi quelques petits nuages, pareils à des tampons de ouate, restes des explosions de la DCA ennemie, qui hésitent encore à se dissiper. Mais le combat est terminé. Du moins pour une heure ...

Commandant PHILIPP

Après sa 203ème victoire aérienne, à la tête des chasseurs victorieux

Entre deux combats.

Après une lutte aérienne qui fut chaude, celui qui a déjà remporté plus de 200 victoires et, le jour de son 26ème anniversaire, a encore abattu quatre avions soviétiques, trouve qu’une cigarette a du bon




En haut : L’un d’eux a dû faire une bonne plaisanterie. Est-ce le lieutenant-colonel Traut-loft,commodore de l’une des escadres de chasse allemandes qui ont enregistre le plus de victoires, ou le commandant Philipp, son commandant de groupe?

7 commentaires:

  1. Mille mercis, Oberstleutnant Lulu !!

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    1. Tu me donnes la croix de fer ou pas?

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    2. Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes, mein Freund !! :4:

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  2. Intéressant éclairage historique pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur cette terrible période : merci d'y avoir pensé.
    Et merci aussi, bien sûr, pour cette BD qui ravivera la nostalgie chez les pilotes de caisses à savon que nous étions il n'y a pas si longtemps ;-)

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    1. Quand j'étais gamin je croyais que Battler Britton avait gagné la guerre à lui tout seul.

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  3. Merci à Battling JoeLulu pour cette leçon d'histoire et ces nouveaux numéros pour compléter la série !

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    1. J'en ai encore plusieurs scannés mais pas encore corrigés...mais d'abord les vacances.

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