mardi 20 juin 2017

Torpilles 015 - 042 - 049









 

Editeur : Edi Europ. Série de 53 Numéros du 09/1964 au 05/1976.
Séries
- Jeff Curtiss
- Lesley Shane
- Récits complets de guerre, western ou policier



Lien: Torpilles - 042
 


Scanné et corrigé par l’équipe de
BdMag Exhumator


Durant la seconde guerre mondiale, les affrontements entre marine anglaise, française et allemande furent nombreux. Cependant, le dernier en date est passé pratiquement inaperçu. Il met aux prises la vedette MTB 718 et les défenseurs allemands du bastion de Lézongar.

La HM Motor Torpédo Boat 718 n'est pas une vedette lance torpilles ordinaire. Admise au service actif en février 1944, elle est affectée à la 15ème  flottille de Motor Gun Boat, dont la vocation est d'effectuer des liaisons secrètes avec les pays occupés, France-Bretagne et Norvège en particulier.




























HMS MTB 718 (MTB 718)

Motor Torpedo Boat of the Fairmile D class

NavyThe Royal Navy
TypeMotor Torpedo Boat
ClassFairmile D 
PennantMTB 718 
Built byAlex Robertson & Sons Ltd. (Sandbank, Scotland, U.K.) 
Ordered7 Apr 1942 
Laid down25 May 1943 
Launched
Commissioned24 Feb 1944 

Un équipage de choix

La vedette est commandée par le lieutenant Ronald Seddon, un officier de réserve, secondé par le lieutenant Guy Hamilton, qui s'illustrera plus tard comme réalisateur de « Goldfinger ». Son équipage comprend au total trois officiers et vingt-sept hommes.

HMS - MTB 655. (Motor Torpédo Boat de la même classe que le MTB 718)


Déplaçant 108 tonnes, dépourvue de tubes lance-torpilles remplacés par un armement léger important, la MTB peut filer à plus de trente nœuds, propulsée par quatre moteurs Packard fonction-
nant au kérosène.
Lancée tardivement, elle n'effectuera que deux opérations clandestines sur les côtes de Bretagne : la première, très mouvementée, le 15 avril à Beg-an-Fry en Guimaëc, près de Morlaix: la seconde, le 15 juin devant Plouha dans les Côtes-du-Nord de l'époque. Le 9 août enfin, elle récupère des agents, mais les occupants viennent de se replier.
Du 12 au 16 septembre, basée à l'Aber-Wrac’h sur la côte nord-finistérienne, elle embarque une équipe chargée de photographier la côte bretonne et un fameux officier navigateur, le lieutenant David Birkin, père de Jane, l'actrice et chanteuse, et quelques autres passagers.

Dimanche 17 septembre, opération « Knock-out ». La vedette 718 fait route sur Bénodet, Les soutes pleines de matériel et d'armement pour les FFI : un fusil-mitrailleur, huit fusils, des munitions, une tonne de farine. 1.350 paires de chaussures et des fournitures médicales réclamées depuis plusieurs semaines par le colonel Eon, pour les combattants de la presqu'île de Crozon.

La résistance sur la Presqu'île de Crozon n'a pu agir avec ampleur durant la seconde guerre mondiale. Il n'y a pas de hauts faits d'armes sur la presqu'île de Crozon pour plusieurs raisons. Tout d'abord le port militaire de Brest occupé par l'armée allemande nécessitait de la part de la résistance un travail de renseignement plus que d'action. Ensuite, la presqu'île disposait d'un système défensif concentré composé de quelques milliers de soldats Allemands munis d'un équipement lourd. Ce n'est certainement pas quelques bataillons de FTP qui auraient pu semer la panique. 
La mer est belle, au-dessus de Brest, qui tombera le lendemain, flotte un nuage de fumée blanche. Le Raz-de-Sein est franchi, la vedette s’approche de Lervily pour photographier les défenses allemandes de Lézongar.
A 11 h. des rafales partent du rivage distant de 1.800 mètres. La MTB réplique au canon pendant une demi-heure. Il s'avérera que les tirs hostiles provenaient des positions de FFI qui avaient cru avoir affaire à un navire allemand. Bénodet est atteint un peu plus tard, et la précieuse cargaison débarquée. Dans le port récemment remis en état par les marins do Friant (originaire du Juch), se trouvent déjà les MTB 696 et 713 qui, la veille, avaient confisqué » à Friant le navire-hôpital « Rostock », que l'officier et ses hommes venaient d'arraisonner.
La MTB 718 reçoit toute la journée de nombreux visiteurs. A Quimper, probablement, le commandant Seddon et le colonel Plouhinec, chef des FFI, se sont rencontrés. Plouhinec est parvenu
à persuader Seddon d'attaquer les positions de Lézongar au canon, ce que la Royal Navy a formellement interdit pour raisons de sécurité. Motif de l'intervention, convenue entre les deux
hommes : au cours des prises de vue, les Allemands ont mitraillé la MTB, l’obligeant à répliquer.

Appareillage à 7 h 50 le lendemain 18 septembre: l'entrée d'Audierne est en vue à 8 h 30. Le photographe accomplit consciencieusement son travail. Un peu plus tard, comme convenu, la vedette s'approche à 10 nœuds de la hauteur fortifiée de Lézongar, dont les tranchées et emplacements de canons sont bien visibles à l'œil nu.



Son artillerie légère entre en action, mais quatre minutes plus tard, la réplique allemande arrive, dense et précise.

La MTB est touchée, monte à 30 nœuds, s'entoure de fumée artificielle, s'éloigne en zigzag pour se placer à l'abri derrière la pointe de Lervily, d'où son « 76 » tire encore sur Lézongar.


L'action cesse à 9 h. A bord de la vedette stoppée au large, on évalue les avaries du combat, un
obus de 40 a perforé le réservoir central de kérosène qu'il faut vider, deux autres ont troué la coque, çà et là des shrapnels ont endommagé les superstructures et un poste d'équipage. Par chance, l'obus de 40 était un perforant: un obus explosif aurait pu entraîner la perte du navire.
Moralement soutenu par son équipage, qui l'apprécie beaucoup, le lieutenant Seddon va devoir maintenant s'expliquer devant ses supérieurs, à Dartmouth ou à l'amirauté.
Sa situation est inconfortable : il a enfreint les ordres et ramené un bâtiment endommagé dont la remise en état nécessitera une quinzaine de jours. La mise en danger de la vedette était réelle :
on n'attaque pas la terre sans de grandes précautions. Pressé de questions par une commission d'enquête, le jeune et impétueux lieutenant s’en tirera finalement à bon compte, défendu notamment par un passager, le commandant de la base navale d’Holford River, un personnage haut en couleurs, qui précisera : « Heureusement que le courage de l’amiral Nelson est toujours présent ».
La MTB 718 accomplira cinq missions sur les côtes de Norvège avant d’être désarmée en 1945.

Le point d'appui de Lézongar, commandé par l'oberleutnant Brankow, un ancien de Russie, décidé à ne se rendre qu'aux Américains, tombera le 20 septembre 1944.


Lien: Torpilles - 049
Lien: Torpilles - 015



Merci au  scanneur BRUMMAR /retoucheur EVEN pour le n°15.
Merci aux  scanneurs/retoucheurs/traducteurs/éditeurs pour le n°49.



Bonne Lecture

5 commentaires:

  1. Mille mercis à Torpedo Lulu, notre spécialiste naval ! :4:

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  2. Explosif, mon cher Lulu ! Un grand merci. :108:

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  3. José ne connaissait pas . Merci

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  4. Je canonne, je torpille, j'explose...pour votre plus grand plaisir mes seigneurs.

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