samedi 5 août 2017

Battler Britton - 121 - 122

















 

Battler Britton est une revue de l'éditeur Imperia.
471 numéros de juillet 1958 à juin 1986. Format 13 x 18 cm. BD de guerre.



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Le Petit Comtois est un ancien quotidien régional français, publié du 1er août 1883 au 22 mai 1944 à Besançon (Doubs), avec un rayonnement sur toute la Franche-Comté.La parution quotidienne de 1883 à 1944 ne sera interrompue que du 16 au 26 juin 1940. Interdit de publication le 22 mai 1944 par la Kommandantur, le Petit Comtois ne reprendra pas sa diffusion à la Libération. Un supplément hebdomadaire illustré viendra compléter le quotidien entre 1900 et 1916.

Témoin important de l'histoire régionale durant les 82 ans de son existence, le Petit Comtois a fait l'objet d'une numérisation (92 000 pages). On peut consulter la totalité de ses éditions sur le site "Mémoire vive" de la ville de Besançon et sur celui de l'Université de Franche-Comté.

Supplément illustré du Petit comtois n°95 (1915)




A la fin du mois d’avril dernier (1915), des dépêches de Hollande annoncèrent qu'un Zeppelin fort endommagé, complètement désemparé, était tombé en territoire belge et que la majeure partie de son équipage avait péri dans la chute.


On ne devait pas tarder à connaître la Vérité sur cet intéressant événement et l’on apprit que le Zeppelin avait été descendu par deux aviateurs français en des circonstances particulièrement
dramatiques.

Au camp d’aviation de X..., près de la côte belge, tout le monde était rentré, ce soir-là, à l’heure habituelle, sans aucun accident ni incident.


A deux heures du matin, le commandant du camp apprit, par un coup de téléphone, que des Zeppelins rôdaient dans les environs, semblant se disposer à forcer les lignes françaises.
Quelques minutes plus tard, un pilote, accompagné de son observateur, partait à la recherche des Zeppelins signalés.
La tâche était extrêmement périlleuse et difficile. La nuit était noire et, dans l’obscurité, le ciel, la terre et la mer, tout se confondait.
Néanmoins, les recherches s’effectuent méthodiquement. Le pilote, pensant que le Zeppelin peut survoler la mer, s’éloigne jusqu’à dix milles des côtes, mais il n’aperçoit rien.
Il revenait vers la terre lorsque soudain de puissants faisceaux lumineux sont dirigés sur lui
Les Boches l’ont entendu et ils essaient de le découvrir.
Dans la courte éclaircie qui vient de se produire, le pilote français a aperçu, très loin dans le ciel, un petit point sombre. Serait-ce un Zeppelin? Sans hésiter, il fonce dans cette direction. Le point qui lui est apparu grossit au fur et à mesure qu’il s’en rapproche. Il le distingue mieux, maintenant, ses yeux se sont habitués à l’obscurité. Il n’y a plus de doute. Le point se déplace rapidement. Il est très haut et survole la haute mer. Peu importe, l’avion français se dirige rapidement vers le mastodonte. 

Celui-ci a aperçu l’ennemi et, rapidement, il gagne encore de la hauteur.
Il est maintenant à plus de 3 000 mètres.

Le petit jour est venu et permet aux adversaires de se mesurer... David contre Goliath !
L’avion français s’élève à sort tour avec une facilité admirable. En peu de temps, il réussit à dominer de 100 mètres le Zeppelin. Alors l'observateur, penché hors de la nacelle, lance sur le dirigeable une fusée qui paraît atteindre son but. Le dirigeable tangue d’abord, puis il descend. Il a été touché, mais peu gravement, car il fait feu de ses deux mitrailleuses sur le pygmée qui le poursuit.



Tout autour de l’avion, les balles sifflent. Lorsqu’elles atteignent le bois ou les toiles, elles rendent un son mat assez impressionnant pour ceux qui pourraient bien, à leur tour, les recevoir.

Cependant le pilote, avec un merveilleux sang-froid, manœuvre son avion comme s’il se trouvait au-dessus d’un aérodrome. Il réussit, une fois encore, malgré le tir continu du Zeppelin, à survoler celui-ci. La position est propice. L’observateur lance de nouvelles fusées. Cette fois, le dirigeable semble sérieusement atteint. La lutte se poursuit encore pendant une demi-heure. Neuf fois de suite, de nouvelles fusées sont lancées sur le monstre qui continue à riposter.

Ce combat formidable, commencé au-dessus de la haute mer, se termina au sud-est de Bruges où le Zeppelin vint enfin tomber.
A la fin de cette lutte gigantesque, l’avion de chasse était également en un piteux état. La nacelle était percée de nombreux trous ; ses câbles de commande pendaient, des morceaux de fuselage avaient été enlevés ; mais le moteur, intact, continuait à ronfler avec une parfaite régularité.

Cependant les batteries antiaériennes ont été prévenues et, toutes ensemble, elles se mettent à tonner. Autour de l’avion, les obus sifflent sinistrement. Leurs éclats taillent, coupent, déchirent à nouveau le bois et la toile. Le réservoir à essence est crevé. L’appareil va-t-il flamber?























Regagner les lignes françaises? Il n’y fait plus songer. Mais la frontière hollandaise est
proche. Le pilote se dirige de ce côté. Il est accueilli par le tir des soldats hollandais qui défendent la neutralité de leur sol.
























Le « rideau électrique » entre la Belgique et les Pays-Bas à la frontière près de Goirle, au cours de la Première Guerre mondiale.




 Avec des difficultés inouïes, les aviateurs atterrissent cependant, parmi les débris de leur appareil qui tombe littéralement en lambeaux. Par miracle, ils sont absolument sains et saufs, mais incapables d’aller plus loin, ils sont obligés de se rendre aux mains de l’autorité militaire hollandaise.

Conformément à la conférence de la paix du 18 octobre 1907 à La Haye, les Pays-Bas comme nation neutre  devait désarmer et interner tous les soldats en guerre. Le 10 Octobre 1914, la ville fortifiée d'Anvers tombe et un million de réfugiés civils fuient accompagné de plus de 40.000 soldats belges vers les Pays-Bas neutre pour échapper à la captivité. Environ 7.000 soldats déguisés en civils embarquent à Vlissingen vers l’Angleterre et retournent au front. Plus de 33.000 soldats furent désarmés, dont six généraux et 400 autres officiers.

Et, depuis cette époque, les deux héros de cette prodigieuse aventure, le capitaine Mandinaud, commandant l’escadrille M. F. 36 et le lieutenant observateur Deramond, de la même escadrille, sont prisonniers à Urk (Hollande).
Le MF 11 n° 1186 de l'équipage Capitaine Maurice Mandinaud (pilote) et Sous-lieutenant Pierre Deramond (observateur) a été touché au cours d'un combat contre un Zeppelin, le 26 avril 1916 - L'équipage a fait un atterrissage forcé aux Pays-Bas, où ils ont été faits prisonniers - Heureusement, ils réussiront à s'évader et à rentrer en France, le 12 septembre 1916 - De Gauche à droite, le Sous-lieutenant Deramond - Capitaine Mandinaud et deux militaires hollandais

9 commentaires:

  1. Merci Lulu pour le passage sur le Petit Comtois ... comme je suis bisontin pure souche, cela m'a particulièrement intéressé d'autant que je n'en savais pas autant sur ce journal ... un comble !!

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    1. Si tu veux de la lecture:
      Supplément illustré du Petit comtois http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34410582c/date&rk=21459;2

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  2. Remarquable ! Cet épisode méconnu de la première guerre (aérienne) mondiale méritait bien que notre historien militaire " maison" s'y penche avec la maestria qu'on lui connait ! Les aérostats teutons, avant d'être supplanté par l'aviation, n'ont pas ménagé la côte d'Opale et Calais en particulier. Je me souviens avoir vu des photographies montrant les dégâts causés par l'un d'entre eux dans Paris. Voilà donc la Grande Guerre (suicide collectif européen) vu sous un angle original. L'excellente série TV "Les faucheurs de marguerites" évoque l'épisode zeppelin avec beaucoup d'intelligence. Merci mon lieutenant pour le billet et les petits formats !

    Fana

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    1. Je ne me souviens pas de cette série tv…je vais me faire un plaisir de visionner ça sur dailymotion…on y retrouve quelques épisodes.

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    2. Excellente série TV sur les débuts de l'aviation avec de vrais avions d'époque.

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  3. 41°,6 à l'aérodrome, je me suis vite dépêché de monter dans le Zeppelin de Lulu pour prendre un peu de fraîcheur :4:
    Mille mercis cher Ferdinand von ZepLulu !! :10:
    Je ne redescends pas tout de suite, trop bien là-haut...

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  4. Je vais positionner un Zeppelin au-dessus de ta maison pour te faire de l'ombre. Baron Lulu vont Hinderburg.

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    1. Merci beaucoup, les quatre gouttes de pluie tombées cette nuit ont quand même un peu rafraîchi l'atmosphère...

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