dimanche 4 mars 2018

Garry Pacifique - 008 - 009 - 010 - 011

 

Garry Pacifique est une revue de bandes dessinées parue chez l'éditeur Imperia. 44 numéros d'août 1953 à juin 1968. 11 recueils. Récits de guerre qui racontent les exploits du sergent Garry héros de la guerre du Pacifique.
1949 rencontre de M Bagage avec Félix Molinari alors âgé d'à peine 18 ans.De cette collaboration naît le premier illustré de bandes dessinées de guerre "GARRY"
Les premières récits seront entièrement dessinés et scénarisés par Robert Bagage en personne,
par la suite c'est Félix Molinari qui prend la relève.






Le 8 mars 1944 une offensive japonaise  visait à prendre Imphal et à l'utiliser comme tête de pont pour avancer dans la vallée du Brahmapoutre afin de couper les lignes de communication des forces alliées au nord de la Birmanie, empêchant ainsi les Britanniques de ravitailler la République de Chine.
Début mai, les Japonais étaient épuisés et à court de matériel. Les Britanniques montèrent une contre-offensive au nord et au sud d'Imphal. En essayant de déloger les Japonais, les Britanniques ont été forcés d'attaquer des positions fortement défendues sur des terrains plus élevés. Les Japonais étaient bien enterrés dans des bunkers couverts avec seulement une ouverture étroite pour leurs armes.
Parfois, une arme ou un char pouvait être utilisé contre de telles positions. Dans la matinée du 6 mai, le régiment de Norfolk a dû attaquer une série de bunkers sur une pente raide. La seule option semblait être un assaut frontal.
Le 4 mai 1944, à Kohima en Assam, un bataillon du régiment de Norfolk pris position au pied d’une colline tenue par les japonaises. Le capitaine Randle pris le commandement de la compagnie et dirigeait l'attaque lorsque le commandant de la compagnie fut grièvement blessé.
A l'aube du 6 mai, l'attaque débuta et l'un des pelotons parvint à atteindre la crête de la colline tenue par les Japonais.
Cependant, un autre peloton s'est heurté à un feu de mitrailleuses lourdes provenant d'un bunker sur la pente inverse du dispositif. 





















Le capitaine Randle a tout de suite compris que ce bunker particulier couvrait non seulement l'arrière de sa nouvelle position, mais aussi la ligne de communication du bataillon et, par conséquent, si l'opération devait réussir, la destruction du poste ennemi devient impératif.

Avec un mépris total du danger pour lui-même, le capitaine Randle chargea la mitraillette japonaise avec un fusil et une baïonnette.




















Bien que saignant au visage et mortellement blessé par de nombreuses rafales de mitrailleuses, il atteignit le bunker et fit taire l'arme avec une grenade lancée à travers la fente du bunker. Il a ensuite positionné son corps à travers de la fente afin que l'ouverture soit complètement scellée.



Témoignage du sergent Bert Fitt qui pris part à l'assaut dirigé par le Capitaine Randle:

Nous nous sommes arrêtés sur la ligne de départ et le Capitaine Randle est venu et il m’a dit: 'J'ai revu dans ma tête toutes les choses horribles qui me sont arrivées dans le passé.' Je pense qu'il avait dans l’idée qu'il ne s’en sortirait pas de cette attaque.
Nous avons avancé et sommes arrivés à mi-chemin de la base de la colline où était positionné deux bunkers, lorsque les Japonais ont ouvert le feu avec deux postes de mitrailleuses légères ils nous ont  terriblement malmené. Ils ont appelé la position le 'bunker Norfolk' mais en fait il se composait de sept ou huit bunkers différents sur la colline.
Avant même d'avoir atteint le fond de la pente, le capitaine Randle avait déjà été touché, assez fortement, au moins deux fois dans la partie supérieure de son corps 

Je lui ai crié de se coucher et de me laisser faire, car je pouvais voir qu'il avait perdu beaucoup de sang. Il a dit non! Vous prenez ce bunker à gauche; Je vais prendre celui de droite.


J'ai perdu le caporal Sparrett - il a été tué à environ quatre mètres de moi. Je suis allé directement vers ce bunker.
Les Japonais ne se rendaient pas compte que je montais la pente «en dessous» d'eux et j'ai réussi à les contourner. J'ai introduit une grenade à travers la fente et après quatre secondes elle a explosée. Je savais que quiconque dans ce bunker était mort ou assommé. J'ai tout de suite couru vers la droite parce que je pensais pouvoir rejoindre le Capitaine Randle avant que quelque chose ne se produise.

En me retournant, j'ai vu le capitaine Randle à l'entrée de l'autre bunker. Il avait une grenade qu'il allait larguer dans le bunker. Je me suis juste tenu là. Je ne pouvais rien faire pour le sauver. S'il avait pu résister pendant environ trois minutes, je serais monté vers le bunker et je l'aurais frappé sans me blesser. Mais malheureusement, il a été, à nouveau, touché à bout portant.



Alors qu'il descendait, il a jeté sa grenade dans le bunker et il a scellé l'entrée du bunker avec son propre corps afin que personne ne puisse en tirer. Mais il avait eu les occupants, il les a tués. 



C'était la position principale des bunkers et je suis certain que c'est pour cette raison qu’il y est allé. Il savait que s'il ne l'assommait pas, ça provoquerait un désastre pour le reste d'entre nous. C'était un acte délibéré de bloquer l'ouverture du bunker pour sauver le reste des hommes. Ce faisant, il a malheureusement été tué.
Puis nous avons pris la décision d'aller encore plus loin et de prendre la position elle-même. J'ai pris le peloton et explosé deux autres bunkers avec des grenades et des combats corps à corps. Le premier bunker était plus loin, à une quinzaine de mètres et il y avait un mec en train de prendre son petit déjeuner, il avait une boîte de curry ouverte. J'ai lancé ma grenade (ce bunker était ouvert) et je l'ai abattu en même temps et c'est là que j'ai utilisé ma dernière munition.
Je suis parti attaquer un autre bunker quand un soldat japonais en a émergé. Il est sorti derrière moi de la porte arrière du bunker et je ne l'ai pas vu tirer. La balle est rentrée par le côté de mon visage sous ma mâchoire, m'a arraché les dents du haut, a fracturé mon maxillaire et a brûlée tout le long de mon nez. C'était comme si quelqu'un avec un poing fermé venait de me frapper. J'ai craché une poignée de dents et je me suis retourné.

Il n'était plus qu'à quelques pas, en face de moi. Il avait un fusil et une baïonnette et j'avais une mitraillette légère. J'ai appuyé sur la gâchette mais j'ai découvert qu'il ne me restait plus de munitions. 


Comme il est venu vers moi, j'ai réalisé que c'était moi ou lui. J'étais un « instructeur au combat non armé » et je savais que je pouvais y aller mains nues contre quiconque avec un fusil et une baïonnette. Je l'ai donc laissé venir et j'ai écrasé ma mitraillette directement sur son visage. Avant de toucher le sol, j'avais la main sur sa gorge et j'ai littéralement essayé de l'arrachée. Nous étions en train de nous jeter par terre. J'ai alors réussi à obtenir la baïonnette de son fusil et je l'ai fini avec ça.
Alors que je me levais, j'ai entendu un cri du 12ème peloton me disant qu'ils étaient bloqués par un autre bunker que je ne pouvais pas voir. Ils m'ont dit où il était du mieux qu'ils pouvaient. J'ai jeté une grenade sur le haut du bunker et un gars qui pouvait le voir a crié une correction. J'ai jeté une seconde grenade. C'était court, mais elle a heurté le sol avant d’atteindre le bunker ouvert et elle a rebondi directement dans celui-ci, tuant les occupants.
Nous sommes revenus à la position du bataillon et nous avons été accueillis par le colonel et le médecin. Les premiers mots que le colonel m'a dit étaient: «Alors Fitt, ils t'ont eu!» J'ai dit: «C'est vrai monsieur!» Il a dit: «Jetons y un coup d'œil.» Le médecin a enlevé le pansement et le colonel Scott m’a dit: ‘You never was any bloody oil painting!’
Je ne savais pas quoi faire. Devais-je en rire. Lui et le brigadier avaient regardé toute l'action à travers des jumelles. Il a dit: «Bravo, vous avez fait un excellent travail!

Le sergent Bert Fitt reçut  la ‘Distinguished Conduct Medal’ et le capitaine Randle la ‘Victoria Cross’.


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8 commentaires:

  1. Une ballade au pacifique, doit y faire meilleur temps qu'ici ....
    Merci pour cette quadruple salve !!

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    1. Entre les - 5° de la semaine passée et + 11° aujourd'hui...on ne va pas se plaindre...quoique une ballade en Polynésie...je suis partant.

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  2. Superbe fiche dominicale, mon cher Lulu :10:
    Merci quatre fois :70:
    Quel drôle de nom "Pacifique" pour une revue qui ne parle que de guerre :8:

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    1. Les surnoms ne sont pas toujours appropriés: Joseph Staline: Le petit père des peuples - Mao Zedong: Le grand Timonier - Ceauşescu: le génie des Carpates, etc. Dans ce cas-ci, notre Garry n'est pas très pacifique.

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  3. merci pour la fiche instructive et les numeros

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  4. Encore un beau carré gagnant ! Grand merci !

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  5. Lulu en œuvre dans son domaine de prédilection pour notre plus grand plaisir ! Merci pour tout.

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