mardi 8 mai 2018

Battler Britton - 085 - 095 - 162 - 215



 

Battler Britton est une revue de l'éditeur Imperia.
471 numéros de juillet 1958 à juin 1986. Format 13 x 18 cm. BD de guerre. 81 recueils. Les recueils suivant sont des reprises de numéros déjà réunis en recueils. Elle comporte 68 pages jusqu'au 300e numéro où elle passe à 132 pages. Sa publication s'arrête au n° 471 de juin 1986.
En 1958, Impéria décide de dédier une revue à part à cette série qui paraissait déjà dans le récit complet Sergent Garry. La revue abritera principalement des épisodes de Battler Britton, mais on y trouvera aussi quelques séries secondaires éphémères, surtout après son passage à 132 pages.




Né le 13 juillet 1914 à Leuk, dans une famille pauvre du canton suisse du Valais, Werra est élevé par une famille de l'aristocratie allemande. Engagé dans la Luftwaffe en 1936, il sert comme pilote de chasse durant la Campagne de France de 1940 où il est crédité de quatre victoires aériennes. Il se forge une image d'aviateur vedette en combinant l'excentricité à la mythomanie.

Il pose pour la presse avec son lionceau domestique Simba dont il fait la mascotte de son unité, et arbore un titre usurpé de baron.

Il revendique aussi la destruction de neuf appareils ennemis lors d'un raid contre un aérodrome de la Royal Air Force le 25 août 1940, mais ne s'en voit reconnaître que quatre. Sa participation à la Bataille d'Angleterre est brève.
Le 5 septembre, le lieutenant von Werra est contraint de se poser en catastrophe dans un champ après que son Messerschmitt Bf 109 a été touché en combat aérien lors d'une mission au-dessus du Kent. 

Immédiatement fait prisonnier de guerre, il est interrogé durant deux semaines par les services de renseignement britanniques avant d'être interné au Camp N°1, établi à Grizedale Hall dans une région montagneuse du Lancashire.






















Sa première tentative a été faite à partir Grizedale Hall, un camp de prisonniers de guerre dans le Lake District. C'était au début d'octobre 1940, quand il a réussi à escalader un mur pendant la période de repos d'une marche d'exercice et a évité la capture pendant quelques heures très inconfortables sur les Fells, balayées par la pluie.










Après sa capture, il a été transféré camp Hayes près de Swanwick dans le Derbyshire. Ce fut la scène de son deuxième passage à s'échapper qui a conduit à ce que la RAF a appelé l'incident Hucknall.

Le camp de prisonnier disposait d'un local, non loin de l’enceinte de fil de fer, contenant plusieurs seaux à feu, des pelles pour manipuler de petites bombes et même d'une vieille citerne oubliée (pour y déverser la terre creusée), donnant à von Werra et à quatre autres évadés enthousiastes des outils afin d’effectuer une évasion. Leur tunnel a été creusé entre le 17 novembre et le 17 décembre avec beaucoup de difficultés, notamment à cause de la chaleur, du manque de lumière et du manque d'air. En raison d'un niveau d'eau élevé sous le sol, il ne pouvait pas être aussi profond qu'ils l'avaient espéré, et ils ont même dû passer par-dessus un grand tuyau d'égout qui les a menés dangereusement près de la surface. Ironiquement, cela a conduit à un petit effondrement juste sous le fil.

Cinq hommes réussirent à s’enfuir par ce tunnel le 20 décembre en profitant d'une alerte antiaérienne.


L'avantage de von Werra était qu'il parlait assez bien l'anglais, ayant déjà visité l'Amérique en tant que marin marchand avant la guerre. Son plan ingénieux consistait à se faire passer pour un pilote allié hollandais, à s'infiltrer dans un aérodrome et à voler un avion pour regagner la France occupée. Aidé par d'autres prisonniers, il a élaboré une histoire de couverture intelligente par laquelle il aurait prétendu avoir été abattu alors qu'il retournait dans une base éloignée près d'Aberdeen après un bombardement du Danemark. Un autre prisonnier avait conservé sa combinaison de vol qui, avec une bonne paire de bottes, aidait à déguiser cette histoire pour la rendre plus convaincante. C'était aussi une excuse valable pour ne pas avoir de papiers d'identité, bien qu'il eût une fausse identité copiée d'une pièce d’identité que lui avait montrée un gardien.
La fiction du pilote hollandais abattu était assez convaincante pour les civils, y compris le chef de gare de Codnor Park qui était harcelé et occupé à émettre des billets pour les travailleurs d'usine arrivant tôt le lendemain matin. Son plus grand moment de triomphe est venu dans le sens où un officier de la RAF est venu le chercher et le conduire sur la base aérienne de Hucknall. 

L'aviateur bluffant allemand était légèrement inquiet lorsqu'il a appris que la plupart des pilotes de la RAF à Hucknall étaient des Polonais, bien qu'il ait réussi à éviter de rencontrer l'un d'entre eux. Les officiers britanniques qu'il a rencontrés n'ont pas été particulièrement convaincus par le «pilote hollandais» et l'ont délibérément gardé près d'un feu rugissant pour essayer de l'obliger à enlever sa combinaison de vol (suspecte, non réglementaire).

Tandis que l'officier de service britannique essayait de téléphoner à la base écossaise du «Hollandais», von Werra s'est échappé et a fait une course vers les Hurricanes qu'il avait précédemment observés stationnés à proximité.











Après avoir eu beaucoup de chance d'éviter des gardes armés sur ce site top secret, il se dirigea vers l'un des Hurricanes et ordonna froidement à un mécanicien voisin de le préparer au décollage. Il a également demandé des instructions sur le poste de pilotage, car il n'était pas familier avec ce type d’appareil.










Incroyablement c'était une chose plausible à dire puisqu'il avait réussi à monter dans l'un des nouveaux Mark II, une version améliorée et toujours classée top secret.

Son autre problème était que les avions de l'époque exigeaient que leurs batteries soient chargées à partir d'un chariot d'accumulateurs et que celui-ci n'était pas relié à l'avion qu'il avait choisi. Avant que le chariot ne puisse être apporté, l'officier de service réapparut avec un pistolet ...










C'était sans aucun doute l'une des tentatives d'évasion les plus audacieuses de n'importe quel prisonnier en toutes circonstances, guerre ou non, à travers l'histoire. Peu de temps après sa deuxième tentative d’évasion - et purgeant une peine de 14 jours de réclusion solitaire en guise de punition  - von Werra et tous les prisonniers de Swanwick furent transférés dans un camp de prisonniers de guerre dans le centre du Canada.

Attention: Les images et textes proviennent des magazines Signal et Der Adler. Ceux-ci s’adressent à un public averti, en effet servant la propagande nazi, les articles parus dans Signal et Der Adler, ne sont évidemment pas le reflet de la vérité, mais ils peuvent être à la base de réflexion et de travaux sur cette période terrible.

  1. Après que Werra eût entrepris deux tentatives de fuite en Angleterre même, il fut embarqué avec d’autres camarades sur vapeur à destination du Canada. (On aperçoit le lieutenant von Werra au centre de l’illustration). Lors de sa première fuite, le lieutenant avait tenté d’« emprunter » un avion sur l'aérodrome de Croydon, près de Londres, et de s’échapper avec l’appareil. Il fut découvert à proximité de l’aérodrome et envoyé alors dans le Nord de l’île, en Écosse. Là il s’échappa de nouveau et parvint jusqu’à la mer d’Irlande. Au cours de la tentative qu’il fit afin d’atteindre un vapeur, il fut découvert et capturé de nouveau. Ces premières aventures du lieutenant von Werra deviennent compréhensibles dès que l’on sait qu’il a séjourné aux États-Unis avant la guerre et qu’il parle couramment l’anglais.Le lieutenant von Werra porta peu à peu sur les nerfs des Anglais. 
  2. Ce dangereux fuyard devait être réduit à l’impuissance. Ce fut une des principales raisons pour lesquelles il fut expédié au Canada, d’où sa fuite paraissait impossible à ses naïfs geôliers. Werra était d’un autre avis. La troisième, et cette fois définitive, occasion de fuir se présenta plus vite qu’il ne l’eût lui-même espéré, peu après son débarquement dans un port de l’Est canadien. En compagnie de ses camarades, il fut embarqué dans un train de chemin de fer en direction du Nord. Les aviateurs allemands captifs étaient constamment sous la surveillance la plus sévère de soldats canadiens. Mais Werra, qui avait prouvé déjà qu’aucune surveillance ne pouvait être assez étroite pour lui, trouva ici l’occasion désirée. Au moment où le train ralentissait dans un virage ascendant, le lieutenant osa le saut libérateur. Avant que ses gardiens n’eussent pu entreprendre quoi que ce fût, Il avait disparu dans les vastes forêts à travers lesquelles passe la ligne de chemin de fer.






  1. Le fugitif ignorait où il était. Il savait pourtant que la frontière canadienne devait se trouver au Sud. Il se mit donc en route dans cette direction jusqu’à ce qu’il eût atteint une route. En vieil « Américain», il connaissait les modernes méthodes des gens qui se font conduire un bout de chemin par les voitures arrêtées au passage. Dans la langue française, qu’il connaît également à fond, Werra se donna, suivant le cas, pour un Français ou pour un officier hollandais. 
  2. Par Ottawa, capitale du Canada, le lieutenant parvint grâce au même procédé jusqu'à proximité du Saint-Laurent. Ce très large fleuve forme à cet endroit la frontière entre le Canada et les États-Unis. Werra savait qu’une fois sur l'autre bord, rien de bien grave ne pouvait plus lui arriver. Mais comment traverser le fleuve? Après avoir longé la rive sur une longue distance, craignant toujours d’être appréhendé par des gardes-frontières canadiens, il découvrit un lourd canot. L’esquif n'avait pas de rames, mais Werra ne pouvait compter trouver bientôt un autre canot possédant des avirons. Avec des efforts indes¬criptibles, il poussa donc dans le courant le bateau qui était pris dans les glaces de la rive. Un saut, un élan, et le canot se mit à glisser au fil de l’eau. Werra s’efforça de le diriger en pagayant avec les mains dans l’eau glacée, mais des heures s'écoulèrent avant que le canot ne l’eût amené sur le rivage américain







































  1. Ne possédant pas de carte, le lieutenant n'était pas encore complètement sûr de son fait. Il craignait qu’à cet endroit la frontière ne coïncidât pas exactement avec le cours du fleuve, et qu’il se trouvât encore au Canada. Il fut heureusement bientôt délivré de ce souci, car, peu après avoir pris terre, il rencontra une automobile arrêtée dont le numéro lui apprit qu'il était bien aux États- Unis, et, par suite, sauvé. Pourtant la liberté ne l'attendait pas aussi vite qu'il l’espérait, car, dès qu'il se fut fait reconnaître, le fugitif fut emprisonné et traduit devant le juge de paix le plus proche sous l’inculpation « d'immigration illégale ».
  2. Bien qu’une fois de plus privé de sa liberté, le lieutenant obtint du juge de paix américain la possibilité d’entrer en relation avec le consul général alle¬mand, qui lui procura en peu de temps, contre dépôt d’une caution, la liberté si difficilement reconquise. Les autorités anglo-canadiennes ne trouvèrent d’autre moyen de se tirer de cette pénible affaire que de mettre le lieutenant von Werra en accusation pour vol d’un bateau. A New York, Werra fut le héros du jour. L'illustration montre le fugitif conversant avec des représentants de la presse américaine dans le hall d’un hôtel new-yorkais. Toutefois, les hymnes de louange dictés à la presse américaine et mondiale par l’honnêteté sportive importent peu, aux yeux du jeune officier, en regard de la plus belle récompense que son courage a reçu sous forme de la croix de chevalier, par laquelle son Führer et chef suprême lui a manifesté son estime

































Aidé par des diplomates nazis et des sympathisants germano-américains, il retourna finalement en Allemagne par un itinéraire très tortueux: Mexique - Amérique centrale - Pérou - Bolivie - Brésil et un service civil italien d’hydravion vers Vichy Afrique occidentale française, puis l’Espagne, l’Italie et enfin à la maison. C'était, bien sûr, extrêmement coûteux, mais cela en valait la peine pour les Allemands parce qu'il était capable de ramener beaucoup d'informations utiles sur les camps de prisonniers de guerre britanniques et les méthodes d'interrogatoire. Bien qu'il soit impatient de retourner dans un poste de pilotage - surtout après l'invasion nazie de l'Union soviétique en juin 1941 lorsque les pilotes allemands revendiquaient un grand nombre de victoires aériennes - ils lui firent écrire des rapports détaillés qui améliorèrent grandement leur sécurité et leur intelligence. Il a été promu et a eu le temps d'épouser sa fiancé, mais est décédé le 25 octobre 1941 lorsque son nouveau Messerschmitt 109 F-4 a subi une panne de moteur et s'est écrasé dans la mer du Nord. Son corps n'a jamais été récupéré. La propagande nazie a menti plus tard disant qu'il avait été tué dans l'action sur le front russe.

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10 commentaires:

  1. Eh bé, on est plus que gâté pour ce jour férié ! Merci beaucoup pour ces nouveaux numéros.

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  2. Brittonissime comme d'hab, mon cher Lulu :10:
    Mille mercis pour ces nouveaux n° :70:
    Le film tiré des ces évasions réalisé par Roy Ward Baker en 1957
    "The One That Got Away / L'Evadé du camp 1"
    https://www.youtube.com/watch?v=Dq2A-ocr0Zg

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  3. Battler Lulu a encore frappé !!!! Merci !!!!

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  4. merci pour l'histoire et les numeros

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  5. Merci Lulu pour ces 4 BD qui sont mes BD de guerre préférées avec X-13 agent secret.
    Amitiées
    Daniel

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  6. Pour mon retour aux affaires, je suis gâté ! 4 épisodes de Battler, le jour du 8 mai, tu as un goût exquis, mon cher Lulu : un GRAND merci, donc !
    L'histoire de ce pilote est à l'origine d'un proverbe bien connu chez nous, puisqu'on disait plaisamment pendant la guerre : " Qui vivra ? Werra ! "

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    1. Joli jeux de mots. Votez Cromosome à l’Académie française.

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  7. L'Académie française ? C'est que je suis déjà fort occupé, on me réclame à cor et à cris pour devenir modo sur le forum Pimpf !

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  8. Merci pour votre effort

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